Page 172 - Catalogue 2026
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INSTALLATIONS                           Chapelle des Cordeliers

Maria Rieger, Whatever, 2025 (FR / PL)

                                               Un même visage, le modèle de la
                                        beauté slave : grands yeux bleus couleur
                                        de lac des montagnes, cheveux blonds
                                        presque blancs, flottants ou rassemblés et
                                        toujours ceints de la couronne de fleurs
                                        folkloriques de ces pays, amorce d’une
                                        encolure de chemise blanche à la légère
                                        broderie, cou nu ou avec un très fin collier
                                        d’or, lèvres roses.
                                        Le charmant portrait est à l’envers, flottant,
                                        sans connotation de vertige ni de menace
                                        de chute.
                                        Il s’environne de fleurs diversement
                                        puisqu’il varie en un triptyque.

   Jeune fille en fleurs, celle des contes et légendes, celle des ballets de sylphides mais sans le
   duo amoureux. La jeune femme se suffit à elle-même et si un geste s’opère, ce sont des mains
   féminines qui l’opèrent.
   Une main tient un arrosoir immaculé, il modifie la position d’une fleur, ; une autre, elle aussi en
   amorce, entre dans le champ ; le bras de chemisier rouge en total accord avec les fleurs, effleure
   la lèvre ou grattouille la tête ; au centre ce sont deux mains en deux carnations et deux couleurs de
   vernis à ongles qui se rejoignent – pour ébaucher la forme de cœur synonyme d'amour.
   Ainsi, quelques amorces d’actes font varier la première composition florale différente en chacun
   des trois portraits renversés, occupe les lèvres d'une bulle rose comme celle d’un chewing-gum
   fort insolent en ces terres de contes, mais elle éclate sans laisser de « gomme ». D’imperceptibles
   sautes ajoutent du temps à ces portraits précisément hors du temps. Jeunesse éternelle mais.
   Les coquelicots exubérants, jeunes avec de rares tiges de pavots dressés parmi les fleurs épanouies
   en profusion, après une pluie de pétales et avant un étrange maelstrom circonscrit, en force
   centrifuge ; la flore envahit le champ- polysémique.
   À droite, la chevelure dessine des ondulations, une mèche tombée est rejointe par une mouche;
   un papillon bleu volette sur les cheveux qui pendent, avant de se transformer après arrosage, en
   cascade partant de divers points de la chevelure. Des fleurs éclosent formant un bouquet ; œillets,
   arums, liliacés rose et mauve dominent, une abeille butine.
   Au centre, dans le vert clair de feuillage jeune, des fleurs s’épanouissent, claires aussi, jaunes,
   orange, fuchsia ; marguerite et papillons au bleu inattendu emplissent l’espace, l’un s’échappe
   dans le portrait adjacent. Un colibri entre en amorce, un perroquet multicolore fait tête en bas, à
   l’unisson du visage féminin.
   Chaque fois, le sourire quelque peu narquois déborde l’image éthérée de la sylphide et que le pot
   blanc de grande fleurs comme l’arum qui serait virginal s’il n’était, brisé et qu’alors une mouche,
   celle des Natures mortes se pose sur un tesson, cela déborde le modèle affiché.

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