Page 171 - Catalogue 2026
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Chapelle des Cordeliers  INSTALLATIONS

Isabel Pérez del Pulgar, La Grieta/La Fissure, 2024 (FR / ES)

       Parce que Isabel s’engage
définitivement dans tous ses travaux,
Parce que souvent dépasser la ligne, être
dans le passage, le trans-port l’occupe
au sens fort, La Grieta, la fissure dans
l'espagnol avec lequel elle aime intituler
ses œuvres, réclamait un espace « entre ».
Et ce fut non dans le plein mur mais au plus
près de l’amorce de la colonne de briques
engagées dans le mur entre ombre et
lumière, entre facile accès et difficulté.
L’escalade de ce film performatif se
poursuivait dans celle de ce mur.

Elle dit :
« La fissure ; crevasse, blessure, ligne frontière tracée entre la pierre et le corps organique.
La pierre ouverte vers le vide, le corps coupé et fragmenté entre la rationalité de la pensée et
l'indéchiffrable du désir, de l'imagination. Derrière cette ligne, le corps marche fragile, escaladant
la pierre sans savoir qu'à l'avant-garde, il s'approche toujours de l'abîme. Le corps et la pierre
souffrent de la même blessure, formant un seul organe penché au-dessus du précipice. Des
images qui échappent à l'idée, à la pensée, produits de la blessure. Ces mêmes images étant la
fissure entre le monde, l'extérieur, l'idée, la pensée.
Faire partie de cet espace nébuleux qui fuit l'ordre. La fragmentation du temps, du son, du rythme...
Ce sont cela, des fragments, des fissures dans la crevasse. Où se cache l'imprécision de l'indéfini,
de l'existant sans mot, de l'organique dans le minéral. »

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