Page 197 - Catalogue 2026
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Studio Astorg  INSTALLATIONS

Nikolas Chasser Skilbeck, Endless Sea, 2024, 3’22 (FR)

« Elle est retrouvée.
Quoi ? L'Éternité .
C'est la mer allée
Avec le soleil. »
– Rimbaud, Une Saison en Enfer

       La très belle scénographie imaginée par Simone
Dompeyre au Studio Astorg prolonge le travail de
l'artiste plasticien. Projeté dans la cave voûtée sur une
grand-voile de papier, descendant du plafond, dont
les photographes se servent comme fond, Endless Sea
déploie ce que le titre promet, ce début d'éternité.
Dans ce mouvement vers le bas, la mer s’avance comme pour vous submerger doucement ou,
plutôt, vous rendre hommage puisque la mer s'arrête à vos pieds. Ainsi tout à la fois, se mesure la
puissance redoublée puisque le plasticien joue sur l'unité des deux bandes qu'il a « collées » l'une
sur l'autre, « entremêlant leur matérialité numérique ».
Le geste artistique déréalise ainsi cette mer dont les différentes plages colorées se répondent en
un savant prisme tout autre que celui auquel la physique habituerait. Ainsi les différentes zones
miroitent-elles en couleurs différentes et irréelles en vagues allant du bleu profond voire d’un
bleu noirâtre des zones pélagiennes aux ocres verdâtres de la mer touchant au rivage. La pluralité
de textures et de couleurs de l'eau charriant en elle différentes substances envoûte. Le volume
en est aussi affecté, qui voit les vagues s'abîmer, sauter l'une après l'autre en laissant transparaître
leur écume.
Trois, quatre bandes colorées se décomposent, se recomposent incessamment en variation
chatoyante et jamais menaçante... L’invitation de cette mer sans fin, l’abandon au déploiement
des vagues, à leur stratification de violets et roses, à la méditation de cette « mer toujours
recommencée », où « le visible se dissout dans sa propre illusion » ainsi toujours et encore se lance.

                                                                                                                Didier Samson

Françoise Maisongrande, Tout corps plongé, 2024, 4’28 (FR)

       Tout corps plongé dans un liquide en ressort-
il intact, indemne ? Serait-ce la question à laquelle
confronte Françoise Maisongrande ? Cela commence
par un murmure bruissant à la matérialité étrange,
semblable au flux d'une eau trouble, aux variations
grisâtres. Le tourbillon d'eau envahit le champ jusqu'à
ce que s'élève progressivement une masse d'algues dans
laquelle progressivement se révèle une touffe de cheveux
d'un corps de dos. Comme un noyé qui remonterait à
la surface, l'étrange volume est agité de mouvements
divers, puis, il redescend avant de disparaître. Le temps se suspend jusqu’au retour du flux
bouillonnant d’une eau, cette fois, plus noirâtre, s'obscurcissant : l’espace s'obscurcit jusqu'à ce

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