Page 202 - Catalogue 2026
P. 202

INSTALLATIONS  Studio Astorg

L’incipit précisément appelle les « Signes » et le seul sous-titrage – le texte est portugais. Pourtant,
la seule phrase lisiblement possible, puisque les dits « rares et assurés » et susceptibles de nourrir
et certains mots se détachent « lecteur/auteur/dialogue » mais aussi «lumière/chaleur ».
Cela aurait pu être la métaphore de la nourriture spirituelle si le film emporté par la musique
ambient de Krabatof, groupe polonais, que le succinct carton final commente comme « audio
synthétisé avec une mauvaise utilisation du logiciel » et avec pour titre « Cerebro de Inseto/
cerveau d’insecte » ne provoquant pas une toute autre dévoration, celle de la destruction par des
termites d’ouvrages centenaires, dans cette ambiance sonore, dissonante avec quelques aigus,
comme la perte avérée du livre.
Les pages sont bousculées, d’abord une subreptice avancée sur place puis un accéléré ponctué
par des noirs iconiques. Les bords se déforment, des trous de diverses formes et grosseurs
signalent le destructeur inversement invisible… aux résultats des pages abîmées. S’y déclinent ses
manières à travers le livre, la page, les intitulés de haut de partie, les bandes ornées, les pages avec
monogrammes jusqu’au plan dépassant les divers composants pour exhiber deux pages paire et
impaire, parachevant la constatation de l’effet des termites.
Pourtant pas d’effet de pathos, rien de dramatique puisque la perte provoque cet opus filmique,
enlevé qui, de cette dévastation fait un objet film, qui, du matériau-livre tangible fait image. Qui
franchit un autre rapport matériel/immatériel ; livre/lecture ; écriture/pensée.
Cela en signes, en formes mouvantes en plaisir esthétique qui ramène au livre.

                                                                                                          Simone Dompeyre

Tomáš Rampula, SnowBlind, 2025, 8’51 (CZ)

                                                              Dans ce film fantastique et horrifique inspiré du
                                                       récit d’Arthur Gordon Pym de Nantucket, un narrateur
                                                       décrit, dans une langue inconnue, un voyageur solitaire
                                                       qui s’aventure dans un royaume ancien et oublié où la
                                                       réalité se dissout dans l’inconnu. Dans un vaste temple
                                                       en ruines, des colonnes imposantes se tordent tels
                                                       des serpents figés, et d’inquiétants hiéroglyphes se
                                                       transforment au-delà de toute compréhension. Paralysé,
                                                       l’homme voit de pâles tentacules ondulantes descendre
                                                       d’un vide aveuglant, leurs mouvements lents et délibérés
                                                       ressentant sa présence. À mesure que la lumière
s’intensifie, les vrilles l’enveloppent, l’entraînant dans la blancheur, dans quelque chose au-delà
du temps, au-delà de l’existence. Une méditation onirique sur le destin, la transformation et les
mystères qui se trouvent juste au-delà de la perception humaine.

cf. un texte, page 106

202
   197   198   199   200   201   202   203   204   205   206   207