Page 226 - Catalogue 2026
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PHOTOGRAPHIES  Atelier Ombres Blanches

       Atelier Ombres Blanches

   Michel Depatie, Insoumuse, Photographie / réalité augmentée, 2025 (CA)

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                                                           Cela a été la rencontre d’un photographe autre. Une
                                                           personne multiple en invention et pensée que l’humain
                                                           ne quitte pas. Une photographie à la croisée d’autres
                                                           médiums, un processus du décloisonnement.
                                                           La fausse simplicité de la position des cinq photos – dont
                                                           l’incongru silence iconique central – sur le rebord du
                                                           mur ponctué d’énigmatiques carrés A et d’un inhabituel
                                                           QR code, perturbent tout autant que l’inversion
                                                           de la photographie – écriture par la lumière – d’un
                                                           encadrement autour du noir.
   Ce jeu clarté/obscurité, non seulement de la lumière mais du sens saisissable d’emblée, est en
   accord avec la fausse simplicité d’images de femme, que l’on reconnaît comme une seule. Elles
   dérogent à tant/trop de propositions optant pour le spectaculaire, malgré la position de dos, sans
   changement sinon la coiffure et les vêtements quoique de même style élégant, tenues bras nus,
   bretelles croisées en accord avec le même lieu baroquisant de salon rouge, localisé en bas du
   champ, en un espace fort éloigné des rives indiennes de India Song ou du grand hôtel aux grands
   lustres éclairant en d’étranges contre-jours, de longs corridors et des moulures en arrondi de
   L’Année dernière à Marienbad.
   Simples mais décalées, deux photographies affichent le détourage de la Femme sur fond noir, à
   côté de la même reconnaissable, dans le décor surchargé avec miroir des images en attente. Un
   détourage focalisant sur elle, sans déplacement de l’œil dans le champ comme il s’opère dans les
   deux autres, entraînant une mise an abyme, reprise de plus par le petit écran du téléphone que le
   QR code induit. Processus d’intervention sur le médium.
   Du temps condensé. Non pas la capture d’un instantané, une réflexion, celle-là même, prolongée
   si on interroge le A et le QR code.
   Cet usage simple mais tout aussi inhabituel du téléphone implique le temps, celui du-qui-ayant-
   ouvert-le logiciel-et-tenant–son-portable introduit du mouvant : non visible et pourtant toujours
   déjà là.
   Dans le miroir, la jeune femme, en voix inoubliable – que Michel Londsale comparait au violoncelle,
   pour son timbre grave et langoureux à la fois – répète par trois fois, tourmentée « Laissez-moi, je
   vous en supplie » même si en une occurrence, elle est blottie contre lui aussi à la voix envoûtante,
   à très léger accent italien et qui le premier franchit ce lieu, en gros-plan visage. Et d’autres mots
   de ce dialogue tenté par plusieurs fois, lance le processus du souvenir de notre cinémathèque
   intérieure. Elle : « vous savez bien que c’est impossible » ; lui :« C’était presque l’été » une rupture du
   temps afin qu’elle, femme-ange mais dans la disparition, faite de pixels sauvages, avance jusqu’au
   tout premier plan ; celui qui ne se franchit pas.
   Elle en India Song, à nouveau prise par le miroir, mais ainsi appréciée de dos et de face mais sans
   regard précis, comme ailleurs dans la fiction, elle refusant aussi l’avance du vice-consul de Lahore
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