Page 86 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  ENSAV

Chapeau et l’ambivalence des épines, je m’amuse à changer de perspective. Je joue avec la manière
dont on perçoit les gens et les choses.
Je ne cherche pas à être moralisatrice mais plutôt à inviter à partager l’onirisme de l’Homme-
Chapeau, comme une expérience sensitive. Faire réfléchir avec comédie et poésie.

                                                                                                                 Jeanne Girard

   Matice Follis, Il est difficile d’être une grange, 2025, 3’29 (FR)

                                                             La visite du propriétaire d’un appartement sous les
                                                      toits – une grange selon le titre – avec un toit de tuiles sans
                                                      plafond, des parois sans fenêtres, des poutres porteuses et
                                                      des meubles de ferme. Tout est en bois, même le fruit entamé
                                                      semble du même matériau, ainsi le style des éléments est-il
                                                      rural mais il dénote un habitat non un lieu de stockage. Un
                                                      travelling inspecteur passe par deux fois sur un lit avec petit
                                                      meuble de chevet, une table avec chaise droite et chaise
                                                      renversée, fauteuil à lattes, des objets – assiettes ? – occultés
                                                      par un tissu raide. Un lieu de vie mais une échelle accrochée
   à un mur, des poteaux de soutènement liés sommairement par une corde alors qu’une autre pend
   ; ce qui éloigne de l’appartement.
   Un flou, devenu pluie, ajoute à l’étrangeté par la perte de définition du lieu. Et qui s’en inquiéterait,
   qui l’inspecterait... Le blanc grisé général unifiant le lieu et les objets efface la connotation de
   chaleur d’un foyer et tout signe de présence, hormis quelques rares traces laissées.
   D’évidence, la modélisation 3D à l'œuvre affiche son artificialité, sa capacité à « construire » un
   habitat, sa limite à le rendre habitable, vivant. La machine n’y atteint pas la matérialité, le lieu est
   coque vide. Ses images sont issues du calcul et non d’une réelle maison, un jour, abandonnée et
   le manque de celle-là pointe plus douloureusement.

                                                                                                              Simone Dompeyre

   Vitaly Yankovy, Glass House, 2022, 3’43 (UA)

                                                             Glass House, comment traduire par « serre » ou
                                                     littéralement « maison de verre » quand deux usages fort
                                                     opposés en dérivent... La première acception implique une
                                                     transparence de matériau pour paroi et verrière afin que le
                                                     soleil aide au développement des plantes. Glass House de
                                                     Vitaly Yankovy s’inquiète de trop grande pousse de la flore
                                                     dans cette maison-là. Glass House, c’est aussi l’utopie d’un
                                                     habitat de réconciliation sociale, où tout un chacun voit
                                                     l’autre maison de rêve. Certes quelque peu dévié quand la
                                                     maison de verre – ainsi nommée – de Philip Johnson, dans
   le Connecticut, aux USA – devenue maison-musée – qui prône la transparence sur une structure
   minimaliste est construite dans une forêt, qui en devient décoration, mais dont l’artiste est

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