Aux Rencontres, les œuvres sont programmées et exposées en écho voire en contrepoint à l’esprit des lieux les accueillant : le Cinéma Le Cratère, la Chapelle des Carmélites, la Chapelle des Cordeliers, les Abattoirs Musée – Frac Occitanie, le Centre Culturel Bellegarde, l’ENSAV, le Lycée Ozenne, la Librairie et la Galerie Ombres Blanches, le Studio Astorg, l’Église du Gésu et le Salon Reçoit.
La programmation des Rencontres se fait après la sélection des œuvres reçues à la suite de l’appel à projets 2026. Cette année, 745 propositions d’œuvres de 48 pays nous sont parvenues. Grâce à ces œuvres reçues de si loin comme de si près, cette 29e édition programme 145 artistes de 28 pays : plus de cent de films, une vingtaine d’installations, une dizaine de performances et 3 expositions de photographie en divers lieux toulousains, accessibles en transport en commun, le tout en entrée gratuite.
(Im)matérialité et geste – édito 2026
in(visible), (in)tangible, (in)connu, in(oui)
L’expérimental rejoint les formes éphémères pourtant absolument nécessaires qui font de nous des humains, et seulement reconnues en 1993, lors de la conférence internationale de l’Unesco, comme « patrimoine culturel immatériel». La définition devrait convoquer tout un chacun puisqu’elle recouvre « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire », ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés. Cependant la suite implique un long travail puisqu’elle réclame « que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus les reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ». Nous tâchons d’y œuvrer à notre mesure.
Les Rencontres Internationales Traverse résistent aux effets de mode, refusant l’aplanissement des aspérités des œuvres au nom de la vulgarisation parce que chacun de nous a droit à des œuvres pleines, différentes, qui invitent à s’arrêter, qui redonnent au temps sa densité. La programmation allie la découverte de travaux différents, de films différents à des ateliers, débats, discussions ouvrant des pistes pour se les approprier. L’expérimental est un terme expansif. Il recouvre de nombreux médiums approchés différemment par les artistes, il investit de nombreuses techniques attirant elles-mêmes des questions sur ce que peut l’art actuellement. De la pellicule à l’Intelligence Artificielle, sans négliger l’animation, la photographie, l’installation et la performance. L’œuvre entre en relation avec chaque espace de sa programmation, prenant pleinement part à l’espace. Elle fait expérience avec les publics sans abandonner le droit à être, elle, pleinement, matériellement objet du monde.
— Simone Dompeyre, commissaire artistique des Rencontres Internationales Traverse