Page 114 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Centre Culturel Bellegarde

Le Centre de Recherche Évasif, Le vivier, 2013, 2’28 (FR - Toulouse)

                                                  Catherine Burki, Jessy Gemayel, Mezli Vega & Gaëlle Villedary
                                                  et avec le soutien technique de Hatim Elmrini

                                                         Vivier : de vivarium, issu de vivus, le vivant, le vif.
                                                  Comment rendre visible le respir ?
                                                  Pour y répondre, le photographe Dieter Appelt se plaça
                                                  devant un miroir qui recueillit la trace de sa respiration. Le CRE
                                                  – Centre de Recherche Évasif – place sa caméra devant un
                                                  bâtiment sans porte au sein d'une crique méditerranéenne.
                                                  Ainsi proche de l'abrupt des rochers, une construction
sommaire et humble, un « mazet » en pierres, s’oppose à l'immensité devinée de la mer comme la
clarté du paysage à la trouée d'ombre de l’ouverture. De ce « vivier » sortent à un rythme régulier
des plongeurs dans leur combinaison, en un rythme régulier et saccadé, en une file qui pourrait
être infinie du fond de la mer et du vivier.

La simplicité de ce processus résulte des contraintes avec lesquelles créent les différents membres
du CRE : une journée, un lieu imposé – en l'occurrence les Goudes de Marseille – un « objet »
montrable. La gageure se porte sur le terme de vivier selon son étymologie : le rapport à la vie et
l’adjonction d’une bande-son empruntée à un autre travail, lui, réalisé par ces mêmes plongeurs
qui ont recueilli, le souffle de leur respiration. Ainsi, leur défilé filmé devient-il l'inscription visuelle
de ce qui est entendu, cette alternance propre au respir et à la vie. La brièveté de la vidéo, 2'28,
s'explique par les obligations retenues comme principe pour sa réalisation, un film à contrainte,
par le CRE. Elle tient pleinement son pari de rendre visible, ce qui nous est le plus intérieur et fait
de la vie, cette colonne d'air qui nous traverse sur un rythme régulier, c'est du moins ce qui nous
tient en vie1.

                                                                                                                Didier Samson

    1. Un petit souvenir nostalgique de Simone Dompeyre : il y a eu l’atelier des Petits films, fondé en 2004 par Carole
    Contant et Colas Ricard, qui presque une fois le mois, réalisait de petits films sans couleur mais pas en noir & blanc,
    dans la lignée du petit film avec petit secret / du road petit film / du petit film sur un fil / du petit film fantastique / du
    petit film qui joue avec les mots / du petit film au hasard / du petit film l'air de rien / du petit film avec une bicyclette…
    ou du petit film sportif : Tournicoton, à partir de la question : « Est-ce le modèle qui tourne autour de la caméra ou le
    contraire ? » Carole, qui se disait Happy Carole, trouvait ainsi le bonheur dans la contrainte libre, quand l'atelier vivait
    une autre aptitude à tourner, en cet oufipo / ouvroir de film potentiel.

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