Page 154 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS                            Les Abattoirs

cinématographique, dans un vol différent de celui du monde en beauté magnifique, il étreint et
la musique en total diapason d’origine – de petits micros accrochés sur des feuilles captant ces
infimes sons- transformés là, et comme l’olive, « consommés » pour la leçon de cinéma et de vie
en accord avec le vivant.

                                            Simone Dompeyre

Florence Miailhe, Papillon, 2024, 15’ (FR)

                         Parce que composé en animation peinture, la trace de
                  couleur donnant vie aux mouvements, aux changements
                  et à l’eau essentielle pour ce champion de natation que fut
                  Alfred Nakache.
                  Cette animation main, cette approche matériologiste, le
                  changement constant, le passage fondateur ont imposé ce
                  film clairement narratif puisque biographie d’un homme qui
                  subit l’impensable des camps de concentration.

                                                  Par ailleurs, outre le travail à l’ancienne, une première
peinture sur une vitre, filmée, un changement sur la vitre, filmée cela en 8 images /seconde
sachant que par ailleurs Florence Miailhe, a peint sur toile, le fond de chaque scène, le lieu où
Alfred enfant apprend à nager, est lavé par sa mère… son départ pour la France, ses records de
nage, son interdiction de nager sur la piscine, même son arrestation avec sa femme et sa fille qui
ne sont pas revenues, les brimades subies alors que cependant il nage à Auschwitz, son retour
en France et en piscine, cela pensé en flashback puisque c’est lors de sa dernière nage papillon
homme âge, qu’il se remémore Les Choses de (sa) Vie. Les deux registres sont imbriqués, l’eau,
son dessin, ses touches de couleur, son flot et les jets provoqués par la nage ou les ondulations
dans la nage sous-eau en piscine et celui de la mémoire. Malgré l’horreur de l’antisémitisme et les
camps, le film garde sa lumière et l’eau n’est jamais la même eau, Florence Miailhe a la précision
du regard de l’artiste : elle les énumère « Il y a tant de nuances de bleu pour l'eau. Du bleu indigo
au turquoise; du cobalt au bleu de Prusse ; de l'outremer marine au bleu du ciel ».

Papillon intègre la lignée des tombeaux en art – cf. page 71 –, hommage à un disparu inoubliable.

                                            Simone Dompeyre

Charlotte Dalia, SPEECHLOSS, 2023, 15' (FR)

                                                         SPEECHLOSS, l’espace filmique en est traversé par
                                                  des êtres solitaires, des figures en décalage et en quête de
                                                  sens. Dans une ambiance maritime et étrange, court une
                                                  joggeuse, chante un bodybuilder, se dévisagent des chiens
                                                  et passe un étrange organe géant. Chacun.e d’eux, le long
                                                  de quatre tableaux où soufflent le vent et un puissant désir
                                                  de se dire vivant, porte la trace IA abandonnée, en attente
                                                  d’activation, dont les gestes n’ont que le vent pour témoin.

                  cf. un texte, page 33

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