Page 149 - Catalogue 2026
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Les Abattoirs PROJECTIONS
Lorenzo Papanti, Confined to partiality, I inhabit my contradiction,
2025, 3’12 (IT)
L'œuvre compose des dimensions hypothétiques,
des espaces hybrides propices à l'expérimentation et
à l'exploration des relations, comme constante de la
recherche artistique, de l'artiste, elle vise à définir la réalité
par la vérification perceptive, à la croisée des territoires
performatifs et des opérations visuelles.
Certaines figures, issues d'un imaginaire pictural, habitent
un espace liminal continu. Leur corps reste emprisonné dans
des images statiques, où toute tentative de transcendance
se résout en une nouvelle forme d'immobilité.
C'est dans une telle condition que se meut l'être humain, pris dans la tension constante entre
ce qu'il est et ce qu'il aspire à devenir, avançant par approximations, à travers des solutions
fragmentées et contradictoires.
Sa quête de vérité ne peut jamais se révéler que partielle, limitée, mais profondément nécessaire.
Stuart Pound, Objets Trouvés, 2025, 1’19 (GB)
Objets trouvés, ceux fréquemment perdus dans les
trains et qui récupérés, attendent de faire collection selon
la voix over, reconnaissable pour être celle de la poétesse
Rosemary Norman, qui apprécie ce recueil d’objets.
Ceux précisément de la gare privilégiée, dès l’incipit, avec
son architecture, son horloge indispensable et son nom pas
si anodin, puisque, « Lille », le toponyme de la ville est suivi
de « Flandres », ce qui est aussi la région belge d’origine de
l’artiste lui-même convié par diverses allusions : Magritte.
Cela, dans la logique de cette œuvre : les parapluies sont
les objets les plus fréquemment perdus et retrouvés,
rangés dans un service de la gare, spécialement dévoué aux
« retrouvailles » des objets. Un plan constatatif passe sur les étagères avec ceux-là mais aussi
des vêtements, des sacs, des valises brillants souvent d’usure. Le sépia teintant le lieu, la fumée
abondante de la locomotive ainsi que la manière de la photographier, au bureau des objets trouvés,
son employé, reviennent aux dates de la création magrittienne alors que l’homme passant devant
le guichet même si son chapeau n’est pas melon – en connote les hommes. Quant à ces hommes
en costume noir qui, dans le ciel, remplacent les gouttes de pluie du tableau de 1953 de Golconde,
ils sont remplacés dans le plan, par d’aussi nombreux parapluies noirs – objets trouvés, sans que
soit posé en leur pointe, leur sommet, le verre quasiment plein d’eau de Les Vacances de Hegel, de
1958 et des parapluies revus et corrigés fermés, agrémentés d’une sorte de couvercle accroché au
bas de la poignée, qui pourrait ressembler à une tête à la Ernst. Cependant le plan aux parapluies
dans le ciel tourne sur lui-même, échappant à une autre logique, celle du montage linéaire et celle
de la visite muséale.
Le film est tout aussi chausse-trappes que le sont les tableaux de l'artiste puisqu’il ajoute près de
casiers à bouteilles, un inattendu urinoir invitant à son tour, un autre perturbateur de la logique et
du réalisme : Duchamp... Alors que les parapluies se libèrent, sans la demoiselle des Parapluies de
Cherbourg se colorent et dansent dans la rue dont un des magasins s’appelle LILLE.
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