Page 184 - Catalogue 2026
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INSTALLATIONS  ENSAV

   axes et motifs, le désir de faire en humour pourrait y souscrire ; et les plans sont lancés en bandes
   de pellicule triplées ou doublées, en rythme très actif.
   Parfois s’immiscent tel plan d’explosion, de feu, de balle extirpée et lâchée dans un récipient de
   métal, telle chevauchée de western mais à travers des jumelles, les genres en allusion. Quant au
   plan d’un homme découvrant sa cicatrice en svastika sur le front, celui de Hitler, plans sur lequel
   se superposent des insectes et qu’un « enough » s’entend, serait un refus partagé du Nazisme
   auquel même un film de plaisir du film ne doit se soustraire.
   Dans le même élan et très logiquement, de plus fréquentes animations abstraites de lignes
   droites, ondulées, de cercles concentriques et inégaux, des carrés, des triangles et des gouttes
   d’eau en autre rappel d’esthétique. La mention « l’avenir du cinéma », lue et dite, ironiquement est
   détournée d’un film publicitaire.
   Le titre STEREO FRAMEWORK / ASYNCHROMY varie les couleurs, les fait partie prenante, le
   mouvement sans nécessité de véhicule, de mouvements autres que le cinématographique.
   Ainsi, le film ferait-il obédience à la définition de l’animation comme art de manipuler les espaces
   invisibles entre chaque image et au footage, dans une réappropriation très personnelle puisque
   film fait main, dont les cartons de fin indiquent la durée de ce travail sans caméra : footage et
   handmade de 2016 à 2024.
   Des ratures, de la neige refusent l’image lisse. Il chante la gerçure du film, son usure devenues
   explosions abstraites. Il chante l’érosion, la trace du film qui a vécu, sa trace pellicule.
   Et pourtant ce serait ne voir que la moitié du film. En effet, il tisse des plans de ce qui est exclu du
   cinéma illusionniste. Il retient le hors-cadre.
   Il prend dans son effervescence, les amorces diversifiées selon leur utilisation en laboratoire ou
   pour la projection – avec des interpellations spécifiques par exemple au projectionniste – Painted
   leader – pour le film perforé avec couleurs générales, ou celles pour la bande-son magnétique
   ou l’indication à suivre: start again/ passing time/we ran out of time… ou encore Fin 6e B avec le
   temps comme donnée essentielle et les chiffres.
   Diverses Lili pour la couleur et nombre d’indications techniques, des logos de diverses majors
   américaines normalement cantonnés aux génériques. Ils surgissent successifs ou ici ou là dans le
   cours du film.
   Et la longue étape du montage sans laquelle le film ne serait pas – plan descriptif des outils et
   autres rubans adhésifs et cutters et pochoir – ceux nécessaires à ces tracés généralement cachés
   au spectateur indication « Jump Up ». Les cabestans méritent plusieurs axes et échelle de plans.
   Il garde les perforations – motif expérimental. Il exalte les différents formats 16 mm, super 8, 35
   mm et le rare 9,5 mm comme champs d’expérimentations de couleurs en son.
   Ainsi le refus du spectaculaire qui occulterait ses ruses, ses trucs, pour la « magie » et la préférence
   pour la reconnaissance de la fabrication.
   D’aucuns diraient le refus d’automaticité de la reproduction mécanique alors l’artiste se fait
   inventeur comme on dit en archéologie. Il trouve et retrouve.
   Et invite le hors cadre pour une autre archéologie.

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