Page 214 - Catalogue 2026
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INSTALLATIONS Chapelle des Carmélites
alors la rose parce que rapidement fanée et que l’on cueille dès sa floraison est la métaphore par
excellence de la brièveté de la nature morte, non pas pour la pleurer mais pour la sentir, la voir, en
apprécier la beauté.
Dès lors, la nature morte exprima ce désir en variations, incluant des objets réveillant les cinq sens,
dans le refus d’une lecture mortifère du monde. Les peintres adoptent, ainsi, les compositions et
les formats même s'il était restreint par la nomenclature liée aux genres. Ils accordent à la vue le
sens par excellence parce qu'il ne touche pas l’objet mais est lumière. Pour seul exemple L'Ouie
de Jan Brueghel de Velours, début XVIIe siècle peintre dénommé pour la sensation de velouté des
matières de ses tableaux, le toucher induit par la vue place en son quasi-centre un corps féminin
nu, certes accompagné d'un enfant nu justifiant l'allégorie mais sa blancheur point parmi les
autres éléments.
La distinction qui exclut les sens du sens n'est pas innocente ; elle se fonde sur un monde dualiste
qui sépare l’esprit du corps et se réfugie dans l’espoir d’un au-delà contre un monde dit matérialiste
qui s’appréhende de tous les sens et apprend à vivre dans ce monde.
Ainsi même le tableau en dernière place dans la hiérarchie classique portait-il aussi les
interrogations de son temps et au-delà des bonheurs esthétiques s’y opposeraient par la différence
iconographique des sens, deux conceptions du monde. Baugin, peintre de scènes religieuses ;
dans la lumière raréfie les objets peints sur fond noir, où le pain et de frêles gaufrettes suffisent
à désigner le goût et le jeu d’échecs enfermé dans sa boîte, le toucher en apologie de la sobriété
et de la vie non tapageuse. Les peintres taxés de libertins, en touche plus sensuelle et implication
du corps, du geste, réclamaient que le corps exulte. Reconnaître ce sous-texte n’ôte rien de la
luminosité des premiers tableaux mais nous en apprend sur l’art comme lecture du monde.
BreaRth dans son élan, de lumière et d’exubérance des couleurs, ne nous mortifie pas, le crâne
même est plus ornementatif qu’effrayant... Et le simple pas devant, le regard qui lui sont adressés
le font revivre et amplifie notre pensée en bonheur pour profiter du jour n’en excluant pas la
reconnaissance de la vie des produits de la terre dont nous sommes les habitants.
Les deux artistes Marshall & le Shérif disent :
« BreaRth attire l’attention sur les problèmes environnementaux, chaque tableau de la série
abordant un sujet propre. Son interactivité confronte tout un chacun à ses responsabilités, l’induit
à se questionner sur son engagement. Le rythme de son animation apaise tout en insufflant
confiance.
Inventée et théorisée en 1997, l’éco-anxiété est un sentiment de préoccupation, d’inquiétude,
d’anxiété et d’angoisse ressenti par certaines personnes. Il est provoqué par des bouleversements
actuels ou bien par des menaces qui pèsent sur l’environnement, liés en particulier au dérèglement
climatique. Cet état touche un nombre croissant de personnes et les professionnels de la santé
prennent de plus en plus au sérieux cette anxiété d’anticipation.
Cependant, nous désirons poser un regard positif sur un futur possible. Ramener le regard sur les
choses simples qui nous entourent. Questionner les chemins qui ont mené l’Homme au bord du
gouffre. Rappeler que l’espoir est toujours permis, nécessaire, qu’il est le moteur. »
Simone Dompeyre
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