Page 213 - Catalogue 2026
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Chapelle des Carmélites INSTALLATIONS
Sans doute s’impose un rapide condensé– en annexe – de la nature morte que de telles pourritures
approchent de son memento mori… «souviens-toi que tu vas mourir, souviens-toi de ta mortalité».
Cependant le projet n’envoie pas à la mort ni à la promesse d’un ciel ou d’un enfer.
Plus concerné par l’état du monde et de notre responsabilité à son égard et l’oubli des saisons
pour la dégustation à la surconsommation, il ramène à la vie que nous menons. Imposer la taille
de la grande peinture induisant à voir devrait r/animer notre conscience. Et en ce sens, il adopte
le projet du genre.
L’œuvre interactive, si elle cache sa sophistication technologique, se transforme par notre
approche, notre regard.
Elle demande du temps. Savoir le prendre… alors, un halo ténu de lumière, face à celui qui le
prend, ce temps, réveille le pan de « toile » : les fleurs si le regard se lève, se lèvent aussi, le rouge
refleurit, le jaune éclate, le blanc brille, les tiges se revigorent alors que les avocats et les tomates
s’arrondissent en couleurs fermes, les piments font leur virgule. Le niveau d’eau remonte et la
denture du crâne se cache et quelques notes de clavecin s’entendent en légèreté heureuse.
Et s’il « suffisait » de veiller ainsi à notre table pour que rejaillissent plus « sainement » et bellement
les fruits de la terre et d’arpenter notre lieu. En outre, si seul, chacun induit un réveil en couleurs,
le regard, la présence de plusieurs, induit plusieurs faisceaux lumineux et l’air gagne en mélodie.
Dès lors, pourquoi ne pas aussi allumer la seconde lumière de l’approche de la nature morte, le
carpe diem, qui profite du temps, mais non pas dans l’inconscience.
Cette formule débute l’ode d’Horace adressée à Leuconoé, lui demandant de « cueillir le jour », et
d’être la moins crédule pour le lendemain. Ronsard s'en souvient dans les Sonnets pour Hélène ;
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