Page 269 - Catalogue 2026
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Église du Gesù ACTIONS
Leïla Rose Willis (Añatta, Centre Culturel Bellegarde, cf. page 242) : J'ai pratiqué longtemps
l'installation et le dessin, sur plutôt une intuition. S’inspirer de ce qu’on a vu, d'idées, de lectures.
Mais à la suite d’un enchaînement de vie, j’ai été amenée au vide et à la méditation et à des
pratiques de dés-identification et je repasse par le geste. Pour ma performance prochaine, je
rebondis sur la question du vide, ça me parle vraiment. Ça a mis un gros coup de pied à mes 20
ans de pratique parce que je suis devenue un outil, de je ne sais pas quoi, qui me dépasse. Et j'ai
comme une sensation où ce n’est même plus moi qui peins ; avant, j'étais plutôt en figuratif,
paysages, désormais je fais de l'abstrait ambidextre très loin de ce que je suis à la base. Depuis
trois ans et demi, je vis tout ce basculement d'idées qu'on imagine construire sans vraiment savoir
d'où elle vient forcément. Mais quand on est artiste, on ressent tous ces moments où se perd la
notion du temps. On est juste dans la fabrication. Ou même quand on est absorbé par un film
ou une musique ; en fait, je pense que cet état de flux qui fait qu'on perd justement la notion du
temps parce qu'on est complètement absorbé. On se sent faire partie d'un grand tout et je pense
qu'on cherche tous quelque part cette chose qui nous dépasse.
Valeria Barbas (Distances collaboratives, Centre Culturel Bellegarde, cf. page 122) : Quand je me
lance, je m’interroge sur le problème ou l’idée venus. Je me demande si c'est vraiment nécessaire
de parler de cela maintenant et quand est-ce nécessaire ? Pourquoi est-ce nécessaire ? Ensuite,
avec quoi je vais élaborer mon propos ; avec plus de visuel par exemple, mais aussi la question
des techniques, des palettes. Qu'est-ce que tu choisis ? Parce que l’éventail est large pour choisir
maintenant. Pour moi, d’abord, cette question du médium, le mieux pour envisager cette nécessité.
Noé Balthazard (Théogonie de l'orgasme artificiel,
ENSAV, cf. page 181) : La création vient surtout d’une
difficulté à appréhender le réel. Et on parle bien d’une
nécessité, là encore c’est un peu classique, je pense que
pour moi, c’est un truc un peu viscéral, une nécessité de
créer, de vouloir créer des mondes qui me fascinent. J’ai
besoin de m’auto-fasciner. Je vis par la fascination. Et je
crois qu'il y a un truc aussi assez satisfaisant dans le fait
de créer un monde de a à z, de composer un monde de a
à z. Dans une approche assez holistique où l’on maîtrise
absolument tous les critères. Et en même temps, où l’on
se dit, qu’il faut laisser un maximum d'ouverture pour le
spectateur ou la spectatrice, pour qu’en fait, notre œuvre parle à toutes et à tous. Et je crois que
c'est cette balance-là qui m’intéresse. Quant à la matérialité, de toute façon l’idée, elle mute en
permanence, avec la matérialité de la pratique, en allers-retours constants. Je pars souvent de
l'idée de créer tel ou tel monde. Et en fait, après, en le mettant en forme, un chemin comme ça se
crée. Pour moi, ce qui se passe, c'est un peu mathématique. On est dans les maths. Après savoir
si les maths c’est matériel ou pas, ça je ne sais pas. Les règles mathématiques, est-ce-que c’est
matériel ou est-ce-que c'est immatériel ? Mais en tout cas ça permet de créer des trucs fascinants.
Isabel Pérez del Pulgar (La Grieta, Chapelle des Cordeliers, cf. page 171 / Dans la peau de
Sisyphe, Les Abattoirs, cf. page 252) : […] Premièrement, pour comprendre ce qui m'entoure et
pour me comprendre moi-même, tout mon travail suit une ligne. Au début, dès que j'ai commencé
à travailler, même maintenant, je me questionne pour savoir si c'est bien de continuer à travailler.
Et ça, c'est impossible à se demander. Je me sens très concernée par ce qui se passe aujourd'hui.
Et je me pose beaucoup de questions sur la fonction de l'artiste et de l'art aujourd'hui. À quoi ça
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