Page 270 - Catalogue 2026
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ACTIONS  Église du Gesù

                                                        sert notre travail ?
                                                        Samy Benammar (Adieu Ugarit, ENSAV, cf. page 101) : On
                                                        ne sert à rien.
                                                        Un autre artiste : On sert à tout.
                                                        Simone Dompeyre : C'est parce que c'est inutile que c'est
                                                        le plus utile.
                                                        Isabel Pérez del Pulgar : Oui, mais moi, je pose des
   questions. Je n'ai pas dit que ce ça ne servait à rien, je pose la question.
   Simone Dompeyre : Nous sommes, vous êtes indispensables. Parce que précisément, vous ne
   pratiquez pas de l'« utile » du nécessaire au quotidien. On n'est pas mainstream, on ne répond
   pas à un cahier des charges et de rentabilité. On ne fait pas pousser je ne sais quoi, et quand
   l’écocinéma dit que le film naît de la plante et que c'est la pellicule qui fait pousser le film, c’est
   aussi de l’ordre de la métaphore. De cela nous discuterons ailleurs  . Mais non vous n’êtes pas
   inutiles, non, vous êtes absolument indispensables, tous avec vos différences.
   Vous êtes absolument indispensables avec vos difficultés, avec vos doutes, et si vous n’aviez pas
   de doutes, vous ne seriez pas des artistes.
   Isabel Pérez del Pulgar : Oui, oui. Je travaille sur un concept et à partir de là je développe un projet,
   un film. Que j’ai nommé la carte émotionnelle de la catastrophe. Et c'est vrai que... je sens que
   nous vivons en marchant sur une fissure. Et la fissure, c'est la grieta qui se cassait en quelques
   parties et on ne savait pas qu'est-ce qu'il y avait dedans. Ou bien c'est le noir absolu, ou bien c'est
   la lumière. Et dans notre vie, dans tout le système qu'on a construit, social, culturel, toujours existe
   une fissure.
   Juha Van Ingen (Monumental, Les Abattoirs, cf. page 148, avec la traduction d’Anthoniy Val : Juha
   se dit artiste visuel et ce sont des rencontres, des moments déclencheurs qui les lui provoquent.
   Même quand il travaille une image connue ainsi pour son essai d’une œuvre connue, il ne peut
   pas définir de méthode précise parce que parfois le processus prend du temps, ça se passe très
   lentement mais s’il doit trouver un mot pour définir un peu sa méthode, son déclencheur, c’est
   l’ennui.
   Paola Mollet (Troubad et ses jouets à dynamos / feu guitares-vidéos, Lycée Ozenne, cf. page
   238 et Buseries, Centre Culturel Bellegarde, cf. page 118) : J'ai l'impression que ça rejoint un peu
   l'idée dont tu (Delphine) parlais.
                                                        Delphine Alliens : En fait, oui, c'est faire le vide pour pouvoir
                                                        créer un espace qui devient l'espace de...
                                                        Paola Mollet : C'est quelque chose qu'on essaie de faire,
                                                        pour ré-accéder à son inconscient, mais de manière plus
                                                        réfléchie, quelque chose qui soit plus sensible aussi. Même
                                                        si on réfléchit très fort à la manière de trouver quelque
                                                        chose de plus réfléchi... Pour moi, je pars en général d'un
                                                        objet, vraiment d'un objet que je trouve, et je commence

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