Page 273 - Catalogue 2026
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Église du Gesù  ACTIONS

Et là est la jouissance d’une certaine façon c’est de voir que les choses échappent. On ne se les
approprie pas. On n'essaie même pas de contrôler ou de comprendre. Et on se laisse embarquer
avec. Et ça va sur le chemin...
Maria Rieger (Whatever, Chapelle des Cordeliers, cf. page 172 / Ma Pologne Imaginaire, ENSAV,
cf. page 91 / Frontier, Les Abattoirs, cf. page 132) : Quant à moi, je fais ça comme une protection
pour appréhender le monde, remettre du sens là où il n’y en avait pas. Et du coup, ma manière
de percevoir l'expression artistique et l’artiste de manière
générale, c'est plus un rapport au monde. C'est comment
on révèle ce qu'on perçoit avec tous ses sens. C'est la
manière, oui, de révéler ce qu'on perçoit avec tous ses sens.
Alors, j'ai un processus qui n'est pas figé du tout, qui est en
construction toujours. Parfois, ça peut être extrêmement
laborieux à un moment, mais au départ ce qui est sûr, c’est
qu’il faut que je sois émotionnellement habitée. Il faut
vraiment qu'il y ait une émotion qui enclenche le processus.
Et souvent, pour ne pas dire systématiquement, c'est un
peu comme un prophète, j’ai des visions qui s’imposent à
moi. Je vois. Je vois le truc, voilà. Même, je vois le film que
je ferai dans dix ans, je sais qu’il va falloir les moyens mais la plupart du temps, j’ai des images
extrêmement claires. Après, en cours de route évidemment, cela change et la matière aussi fait
que ça peut tout d’un coup raconter des choses qu'on ne voyait pas au départ. Mais en tout cas, ça
part d'une vision, comme un prophète.
[...]
Véronique Brill (Les traces du temps et les ivresses, Chapelle des Cordeliers, cf. page 169 / La
Terre, le Temps et la Mémoire, Studio Astorg, cf. page 230) : Je suis « land-artiste », je fais de la
photo aussi et je suis performeuse. C’est dans le geste... C’est un peu ce qui m’arrive, mais ça peut
être le quotidien. Par exemple, ce nettoyage de cheminée, qui devient les cendres de l'éternité,
qui lance une performance un peu plus tard... C'est simplement trois cailloux qui nous parlent, qui
vont se mettre en place immédiatement...
C'est vraiment le paysage et les objets rencontrés. En photo c’est un parti pris à un moment donné
qui entraîne longtemps après autre chose ; toujours un élément, comme pour beaucoup, vous
avez parlé d'un élément, d'une idée, quelque chose que vous avez croisé et qui devient un peu
après une création.
Claire Courat (Noyade Mentale, Studio Astorg, cf. page 232) : Ça part d’une question qu’on
pourrait se poser, qui m’anime depuis quelques années et cette question, cette réflexion, c’est ça
qui va alimenter mes productions. Alors ça passe par des tests, je pars des photos parce que, tiens,
je pense que cet élément est intéressant mais, ça se trouve je n’en ferai rien du tout ; ou tiens, je
vais tester ce mélange de peintures, je vais voir ce que ça donne ; c'est vraiment très expérimental
ou plutôt de l'expérimentation.
Guillaume Poussou : Je voudrais rebondir sur l’urgence qui me mène, moi, à essayer de cerner
quelque chose autour de l'intention, que je trouve dans mes processus, c'est quelque chose à la
base de très immatériel et qui peut changer beaucoup de forme et qui se crée dans un vide qui ne
peut pas forcément se définir par des mots, par des écrits, par des images, tout se mélange, mais
c'est quelque chose de très volatil et je trouve que l'un des paris que je me lance, c'est conserver

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