Page 274 - Catalogue 2026
P. 274
ACTIONS Église du Gesù
cette intention jusqu'à ce qu’elle soit finalisée. Ce quelque chose qui ne peut pas vraiment être
fixé, qui agit comme un aimant. Tu passes par faire confiance à ce que ça va attirer, pour passer à
travers les frustrations et les choses qui sont communes à beaucoup d'entre nous. C'est l'intention
qui se forme dans le vide et qui, en elle-même, est une matière à travailler, à former, à affirmer
tout au long du processus : et la retrouvant à la fin sans savoir si elle a été finalement changée,
transformée par tout ce processus, mais au moins pouvant la reconnaître comme celle qui était au
départ. De lâcher prise, de se dire est-ce que c'était vraiment ça, est-ce que c'est… Au moins que
chaque pas qui a mené jusqu'au bout puisse être suivi comme une couture.
Simone Dompeyre : Et Chloé, parce que tu es aussi artiste, c'est mon assistante, mais elle est
artiste, c'est ce que je choisis. Anthoniy était mon assistant, il est artiste. Chez nous, on ne sépare
pas.
Chloé Mossessian : C'est vrai que l'on a pas beaucoup l’occasion de parler de mon processus de
travail, quand on travaille pour Traverse, on est toujours très occupés.
Quelqu’un : Bravo, c'est du super boulot.*applaudissements*
Chloé Mossessian : On a bien travaillé !
Simone Dompeyre : Ce n'est pas terminé.
Chloé Mossessian (On Plant Communication (WIP) en
duo avec Hank Mittnacht, cf. page 283) : Ce n'est pas
terminé, mais c'est une grande récompense d'arriver là,
maintenant et que ça marche. Et donc oui, j'ai aussi une
pratique artistique et j'ai beaucoup bougé ces dernières
années et de ce fait, mon atelier, c'est devenu mon carnet,
mon espace. J'écris tous les jours et je relis régulièrement
mes notes et j'ai des idées qui reviennent. Parfois j’oublie
que je les ai eues et puis je les retrouve écrites. Peu à peu,
elles s’impriment plusieurs fois dans le carnet jusqu'à ce
que ça devienne un projet. Avant je pensais que je portais
mes projets, mais en fait, je pense que ce sont plutôt mes projets qui me portent, qui me changent.
À la fin d'un projet, j'ai changé.
[...]
Mariah Anne Johnson (Fruit Hands / Lively Dance, Chapelle des Carmélites, cf. page 210 / avec
la traduction d'Anthoniy Val) : Mariah, cette année, est programmée en installation. Elle travaille
notamment des installations avec la réalité augmentée puisqu’elle s’intéresse beaucoup aux
nouvelles technologies. Elle est aussi designer de sites web mais en même temps, a aussi une
pratique analogique du dessin au fusain. En fait, elle crée des animations avec le dessin au fusain
et souvent elle dessine en partant d'un point, sans savoir où ça va la mener.
En revanche lorsqu’elle travaille sur des projets elle se donne souvent un sujet ou une thématique
sur laquelle elle travaille. Et le fusain est choisi pour l’esthétique.
Souvent ses sujets, ses thématiques touchent à des sujets politiques, technologiques ou sociétaux.
Souvent, elle ne pense pas au public lorsqu’elle créé mais elle pense l’art comme un médium
de communication pour justement transmettre des messages. En outre, cet emploi de canal de
274

