Samedi 14 mars 2026, 16h-18h
Centre Culturel Bellegarde
17 Rue Bellegarde, 31000 Toulouse | Métro : Jeanne d’Arc | ÔVeloToulouse : Saint-Bernard-Beraldi
Projection, suivie d’une performance
Entrée libre et en présence d’artistes
Visite de l’exposition temporaire du centre culturel à 18h
Les films expérimentaux de cette séance explorent des motifs comme le cercle, depuis celui amorcé par le corps dansant à celui de la nature célébrée ou menacée, guidée par le seul désir de voir autrement. Tournoiements, courses, gestes répétés mènent d’un vertige d’enfance à une conscience du monde. Les corps, seuls ou en duo, traversent l’Histoire, parfois nus dans les prés, entre matière et immatériel. Le glitch transforme un ballet, les sons du voyage s’invitent, le brouillard devient vibration. Sur écran transparent ou obstacle, fleurs et arbres surgissent — dessin, numérique, 3D, pellicule — appel lumineux à la vigilance, en splendeur renouvelée.
Projection
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- Valeria Barbas & Gregor Stockmann – Collaboratory Distances/Distances Collaboratives, 2024, film, 4’16 (MD / FR / DE)
Performance
Une minuscule silhouette se balance à très grande vitesse sur une balançoire extrêmement haute.
L’espace autour d’elle est vaste et vide, rien d’autre qu’elle sur la balançoire n’est visible. Sa silhouette, dont les longs cheveux reflètent brièvement la lumière, atteint le point le plus bas de sa trajectoire à une vitesse dangereuse, frôlant le sol. À chaque oscillation, le risque qu’elle va chuter et s’écraser au sol, et ce, en divers axes et angles de prise de vue, et le changement constant de perspective d’un plan à l’autre empêche de voir le mouvement complet de l’enfant sur une balançoire, jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement. Parfois, d’autres scènes interrompent ce « jeu » : celle d’ un homme attaché aux cordes d’une plate-forme de saut à l’élastique qui se penche légèrement d’avant en arrière, au bord de la plate-forme de lancement, tandis que les cordes, d’une longueur alarmante, pendent dangereusement près du sol.
From afar, a tiny figure is swinging at high speed on an extremely high swing.
The surrounding space is vast and empty, with nothing else in sight. The figure, its long hair briefly catching the light, reaches the lowest point of its arc at a dangerous speed, skimming the grund. With each oscillation, it seems as though it might fall and crash to the ground. This only movement is recorded by different cameras set in various angles and positions.
As time passes, the constant shift in perspective across the various shots prevents the full motion of a child on a swing from being seen in its entirety, until it is completely lost. At various moments, other scenes interrupt the main one: a man is shown harnessed to the ropes of a bungee jumping platform. Slightly leaning back and forth, he is positioned at the edge of the launch platform, while the ropes, appearing alarmingly long, dangle precariously close to the floor.
TRA est une ode au cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. Le film footage évoque la trame narrative de Teorema de 1968, en privilégiant ses moments interstitiels. L’acte de courir, récurrent tout au long du film, ainsi isolé en exposent les courants sous-jacents. Cette stratégie de montage de détachement de certains moments, s’inspire de certaines idées de Pasolini sur le cinéma comme moyen d’engager le social et le politique. Le montage trace de nouveaux chemins à travers et entre les images. «Tra » en italien signifie « entre » et implique généralement une distance spatiale ou temporelle. Il décrit aussi ce qui se déplace « à travers » quelque chose d’autre, ainsi que quelque chose « dans » ou « à l’intérieur » du temps. Ces concepts sous-tendent le projet de TRA, celui de créer des structures narratives plus spéculatives, révisées et ouvertes.
Pasolini définit un concept de montage cinématographique comme assimilation de relations spatiales et temporelles, qu’il nomme ritmema/ unité rythmique. Ce montage n’implique pas seulement des coupes techniques, mais aussi des jonctions significatives pour l’itération potentielle des subjectivités.
« Au lieu de s’organiser simplement en une succession, un film “pêche” continuellement dans les profondeurs, dans la matrice qu’est le monde des objets… Le monteur relie les plans par des “collages”, produisant un “non-existant significatif”. C’est dans cette fraction de temps incalculablement minimale (l’intervalle produit au point de coupe) qu’il faut calculer les “durées négatives”, c’est-à-dire celles qui n’existent pas, ni comme représentation matérielle audiovisuelle, ni comme abstraction mathématique ou rythmique. Dans la convention de la durée infinitésimale d’un collage, une durée réelle encore plus infinitésimale peut se produire ; inversement, une durée immense peut se produire – une vie, un siècle, un millénaire. »
— Pier Paolo Pasolini, Théorie des collages, 1971
Ce qui résonne particulièrement, c’est la notion pasolinienne de « durées négatives », où le temps trace le non encore visible. Par conséquent, le temps est extrait, comprimé, étiré, bouclé, figé, etc., autant de façons de créer un espace pour ce qui n’existe peut-être pas encore. Ces expériences de durée sont souvent liées au mouvement humain, comme la course à pieds dans TRA, qui marque le temps à travers le corps, mais pas nécessairement de façon linéaire.
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TRA is an ode to Italian filmmaker Pier Paolo Pasolini. The video synthesizes the narrative of his film Teorema (1968) by highlighting its interstitial moments. The act of running that appears throughout the film is isolated and deployed to expose the film’s subtextual currents. This editing strategy of isolating selected moments is inspired by some of Pasolini’s ideas about filmmaking as a means of engaging the social and the political. Through editing, new pathways can be traced through, and between, images. The word ‘tra’ in Italian means ‘between’ and generally implies a spatial or temporal distance. It can also describe something moving ‘through’ something else, as well as something ‘in’ or ‘within’ time. These concepts underpin TRA’s aim for more speculative, revised and open narrative structures.
Pasolini proposes a concept of cinematic montage that equates spatial and temporal relationships created by splicing with a ‘ritmema’ (a rhythm-unit). These splices are not just technical cuts but also significant junctures for the potential iteration of subjectivities.
« Instead of organizing itself simply as a succession, a film ‘fishes’ continuously in the deep, in the matrix that is the world of objects … The editor attaches shots to each other with ‘splices’ [producing] a ‘meaningful nonexistent’. It is in this incalculably minimal fraction of time (the interval produced at the cut point) that we should calculate the ‘negative durations,’ that is, those which do not exist, either as audiovisual material representation or as mathematical or rhythmic abstraction. In the convention of the infinitesimal duration of a splice an even more infinitesimal real duration can take place; conversely, instead, an immense duration can take place – a life, a century, a millennium. »
— Pier Paolo Pasolini Theory of Splices (1971)
What is particularly resonant is Pasolini’s notion of ‘negative durations’ where time is made to trace something that is not yet visible. Consequently, time is excerpted, compressed, extended, looped, frozen, etc., as ways of creating space for something that might not yet exist. These durational experiences are often also linked to human movement, such as the running in TRA which mark time through the body, but not necessarily in a linear fashion.
VIVIER, subst. masc.
« Bassin d’eau constamment renouvelée, aménagé pour la conservation, l’engraissement et l’élevage de poissons et/ou de crustacés.
Au fig. Milieu favorable au développement d’idées, d’idéologies ou de personnes. »
Avec Le Centre de Recherche Evasif qui réunit des artistes en un atelier dans un lieu improbable sur un temps donné. Le lieu choisi devient place et prétexte à la création d’une œuvre commune.
Catherine Burki, Jessy Gemayel, Mezli Vega & Gaëlle Villedary
et avec le soutien technique de Hatim Elmrini
Duet on camera. A slow interaction located on the lower half of the image repeats itself while growing fragmented and random at natural speed on the upper half, the construction being punctuated by a deliberately antinomic soundtrack (unintellible language). We let aesthetic and emotional feelings widely opened, . Brigitte Valobra , Wald: acting – making – voices soundtrack. Size 1:1, black and white.
Duo pour la caméra. Une interaction lente sur l’espace bas du champ se répète tout en se développant, fragmentée, aléatoire, en vitesse naturelle, sur l’espace haut. La construction est rythmée par une piste sonore volontairement antinomique (langage inintelligible) .Nous laissons libre cours à nos sentiments esthétiques et émotionnels. Brigitte Valobra , Wald : jeu d’acteur – réalisation – voix bande sonore. Format 1:1, noir et blanc.
Quels risques prendrez-vous ?
Une fine frontière entre un corps et un souffle.
Le rêve d’un regard adolescent.
Voir le monde à travers le prisme de votre chemin.
Voir la graine en contemplant la fleur.
Le toucher de la sensualité.
Le calme dans l’immobilité.
Le calme en vous-même.
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What chances will you take?
A thin line between a Body and a Breath of Air.
A dream of an adolescent look.
To see the world through the prism of your Way.
To see the Seed by looking at the Flower.
The Touch of Sensuality.
Calmness in a Halt.
Calmness in yourself.
Dès que je pénètre dans cet espace, j’ai l’impression de me mouvoir dans un brouillard laiteux et, pendant quelques secondes, je ne distingue rien.
Progressivement mon regard s’accoutume, je reconnais des formes et des contours.
Cela ressemble à des paysages mais la luminosité de l’ensemble est encore accrue.
Je perçois quelques frémissements légers, comme des vibrations atmosphériques fluides.
En m’approchant par ici, je découvre une activité liquide foisonnante. Les formes au sol sont toutes différentes. Ça remue de partout.
Etrangement je ne vois plus mes mains, ni aucune autre partie de mon corps. Je perds très vite toute notion de direction. Au moment où l’espace autour de moi se transforme en continu, je m’aperçois que je ne suis pas tout seul…
Jean-Paul Devin-Roux, 2025
« C’est l’histoire d’une aventure continue, comme au début de tout voyage, dont on ne sait pas vraiment où elle nous mènera. On approche du bord de l’horizon, on y pénètre, on descend jusqu’au fond. On le traverse – comme dans « Alice et le miroir » – on réapparaît dans le trou blanc, on se demande ce qui se passerait si le temps s’écoulait à l’envers… et puis finalement on en ressort pour voir les étoiles, les mêmes étoiles après un temps qui représente à la fois quelques instants et des millions d’années. »
Carlo Rovelli, physicien in Trous blancs, 2023.
Buseries se compose de films de danse, de textures, de glitchs et d’enregistrements de sons pris dans le bus. Le bruit déforme les souvenir des gestes des danseur•euses. Le passager rematerialise la scène dans les reflets de la vitre et le paysage.
C’est l’évocation des rêveries dans lesquelles on se laisse prendre dans un bus et de ce qui reste après un spectacle quand l’oeuvre déborde. Lorsqu’on apporte les images à bord, avec soi. Les sens déphasés par la vitesse, couplée d’immobilité, produisent superpositions d’images, rythmes hypnotisants, flux d’information non-hiérarchique et introspection trouble.
Ô Sonorités
En quête « d’illuminations ». Déambuler de nuit dans la ville. Marcher le long des voies, traverser les parcs, les parkings, les places, les ponts… filmer les éclairages urbains, les paysages qu’ils dessinent dans l’obscurité. Saisir au passage les feux des véhicules, les lumières des enseignes, les reflets sur la rivière… tout ce qui illumine. Suivre le même processus, rituel d’enregistrement et de déconstruction des images : filmer en vitesse accélérée et en bougeant l’appareil. Mouvements mécaniques répétés de haut en bas et à l’horizontal. Cruci-fiction pour le film à venir.
Ces images décalées et résiduelles de paysages urbains et de lumières, tressautent, vibrent, tremblent, tressaillent et se juxtaposent en flux saccadés. Les sonorités d’un orgue cristallin attisent le regard, soulignent le mouvement des images, scandent et battent la mesure du film. Chambre d’écho pour une approche filmique du tissu urbain et de la nuit, de la lumière et du mouvement.
The day after it all s’inquiète des conséquences de l’effondrement de l’esprit de la nature – l’essence même du sol, de l’air, de la Terre, en un récit à la fois environnemental et spirituel, dans un monde dominé par la cupidité et l’égoïsme.
Sans paroles, le film repose entièrement sur la puissance de ses images et sur une bande originale envoûtante composée par le groupe « Når verden slokner »/ »Quand le monde s’assombrit ». Cette musique en constitue la colonne vertébrale émotionnelle, guidant à travers une série d’images poétiques et saisissantes.
Le film ouvre, ainsi, une réflexion silencieuse mais urgente. Il pose une question essentielle: que se passe-t-il lorsque nous ignorons les avertissements de la Terre ? Pouvons-nous réapprendre à écouter, à prendre soin et à réparer ce qui a été brisé ?
The day after it all comme méditation visuelle sur le deuil environnemental, la responsabilité humaine et le fil fragile qui nous relie encore au monde, nous induit à choisir de nous y accrocher.
The day after it all is a short, dialogue-free film that explores what happens when the spirit of nature—the essence of the soil, the air, the earth itselt just collapes. It’s a story about environmental and the spiritual, set in a world where greed and egoism have overtaken all else.
With no spoken words, the film relies entirely on powerful visuals and an evocative original soundtrack by the band « Når verden slokner » (“When the world fades”). Their music forms the emotional backbone of the film, guiding the viewer through a series of stark, poetic images. The absence of dialogue allows for a more universal, sensory experience—inviting each viewer to interpret and feel the story on a personal level.
The film is ultimately a quiet but urgent reflection. It asks: What happens when we ignore the warnings of the earth? Can we relearn how to listen, to care, and to restore what has been broken?
The day after it all is a visual meditation on environmental grief, human responsibility, and the fragile thread that still connects us to the world around us—if we choose to hold on.
La distance peut être différente. Et la tienne, comment est-elle ?
serait la question posée dans cette exploration de la distance à travers différentes dimensions de perception et de compréhension. Valeria et Gregor, séparés par des frontières — géographiques ou physiques — partagent leur expérience de la distance par des rencontres forestières : Gregor depuis une forêt de Bavière, en Allemagne, et Valeria depuis la forêt voisine de son appartement à Chișinău, en Moldavie.
La forêt s’y envisage comme un lieu où explorer la nature et l’interconnexion, mais aussi comme un espace où chercher un chemin au-delà des traumatismes, de la dépression et de la solitude. Pensées, sons et forêts s’entrelacent, puisque les deux personnes sont reliées par la forêt comme connecteur, lien vivant qui rend les distances collaboratives.
À l’ère technologique, jusqu’où peut-on être proches sans toucher physique ?
//Distance can be different. How is yours?
An exploration of distance in different dimensions of perception and understanding. Valeria and Gregor disconnected by borders — whether geographical or physical — are sharing their experience of distance as forest encounters – Gregor from a forest of Bavaria, Germany, and Valeria from the forest next to her apartment in Chisinau, R. of Moldova. The forest is regarded as a site where one can explore nature and interconnectedness but also as a site to seek the path beyond traumas, depression and loneliness. Thoughts, sounds, and forests intertwine, the two being connected through the forest as a living bond, connecting and making distances collaborative.
In technologic era, How close can you be without a physical touch?
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Co-directing, animation : Gregor Stockmann (Germany)
En tant que plasticienne, j’aime révéler la peinture vivante, en mouvement ainsi ai-je superposé et mis en tension deux plans filmés afin de travailler avec les limites de la dématérialisation des images, pour créer une nouvelle présence plus symbolique. Le montage agrège deux espaces/temps en transparence, et crée un jeu de tension entres elles, de l’ordre de l’apparition et de la disparition.
« L’image est une création pure de l’esprit. Elle ne peut naître d’une comparaison mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports entre les deux réalités rapprochées seront lointaines et justes, plus l’image sera forte – plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique (…) Ce qui est grand ce n’est pas l’image – mais l’émotion qu’elle provoque ; si cette dernière est grande on estimera l’image à sa mesure. » Pierre Reverdy, Revue Nord Sud n°13, Zurick, mars 1918.
Le printemps éclata, et j’errais, contemplant la joie de la Nature, ivre du plaisir que m’offraient fleurs, plantes, ciel et lumière. Promenades méditatives, en solitaire, et la tentation de prendre et puis rendre en partage, cette ivresse… Peu de choses à faire : la beauté, la magie de l’organisation végétale s’imposait d’elle-même, tout autour de moi et en moi, me ramenant à ce poème écrit il y a si longtemps.
Créé de manière artisanale sur la route, quelque part entre Notre-Dame-du-Portage et l’Islet-sur-mer, au Québec, Anomalies dans le paysage s’organise en quatre tableaux, quatre paysages audiovisuels qui défilent dans une totale étrangeté. Une ode aux paysages qui viendrait tout droit d’un lieu imaginaire. La construction du film se situe aux frontières d’une cartographie poétique, d’une étude chromatique sur les teintes naturelles et d’un exercice de création in situ sur les techniques d’éco-production du cinéma analogique. Outre les images et les sons captés sur place, ce sont les épices, les feuilles et les algues locales qui ont révélé et imprégné de leurs teintes la pellicule de ce film tourné et développé à même les rivages du Magtogoek/Saint-Laurent.
Réalisé et fabriqué à la main sans produit chimique, à partir d’herbiers cinématographiques obtenus par collectage de plantes et fleurs endémiques, à l’état sauvage ou domestiques, trouvées dans l’environnement méditerranéen tel que le laurier rose et avec la musique de Sylvia Monnier.
On se sent chez soi là où les arbres sont précieux. Pour certains, ces arbres sont de vieux amis quand d’autres sont prêts à les brûler pour conquérir la terre sur laquelle ils poussent.
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Home is where trees are dear. For someone these trees are ancient friends / and others are willing to burn them just to conquer the land they are growing on.
La catastrophe ultraviolette porte sur la virtualité de la matière. Science-fiction expérimentale et contemplative, l’animation 3D s’inspire d’une expérience de chimie quantique. Une forêt boréale s’y déploie, scrutée simultanément à des échelles macroscopique et microscopique. Graduellement, réalisme et abstraction fusionnent pour former des scènes hallucinées. Dédoublements, spectres lumineux et frétillements électroniques se propagent, dématérialisant le paysage numérique. Dans un bouleversement lent et à la limite de l’ésotérisme, il dévoile sa virtualité.
The Ultraviolet Catastrophe focuses on the virtuality of matter. The 3D animation is an experimental and contemplative science fiction inspired by a quantum chemistry experiment. A boreal forest unfolds, scrutinized simultaneously at macroscopic and microscopic scales. Gradually, realism and abstraction merge to form hallucinatory scenes. Doublings, light spectra, and electronic flutters propagate, dematerializing the digital landscape. In a slow, bordering on esoteric upheaval, it reveals its virtuality.
Anātta est une performance graphique et sonore, un voyage immersif pour une expérience sensorielle collective plongeant le public dans un état méditatif. En Pâli, Anātta signifie « absence de soi ». Cet état où le soi est absent – ou état d’union – peut être expérimenté de diverses manières : lors d’états de conscience modifiée, en méditation profonde ou durant la création d’une œuvre artistique. Ici, il s’agit de « laisser la place » au geste pour permettre à la peinture de prendre la relève.
Dans cette performance, derrière un voile lui servant de toile, Leïla Rose Willis laisse les pinceaux agir d’eux-mêmes en résonance avec la musique expérimentale, les lieux et le public présent. Habillée de blanc, la peintre s’efface graduellement, à mesure que la peinture à l’encre apparait, dans une danse graphique abstraite et ambidextre. En état de pleine conscience, elle capte les vibrations et retranscrit les résonances de l’instant par une gestuelle inconnue d’elle-même, concentrée, entre maitrise et lâcher-prise.
















