Dimanche 15 mars 2026, 13h30‑18h
Les Abattoirs – Musée Frac Occitanie
76 Allées Charles de Fitte, 31300 | Métro : Saint-Cyprien République | ÔVeloToulouse : Jardin Raymond VI
Projection et performance
Entrée libre et en présence d’artistes
Une performance qui aime le dessin en acte scande les deux séances. Pellicule et IA s’y croisent, partageant l’amour de l’art visuel. Les films mêlent genres et motifs, interrogent le regard, la nature, l’humain et leurs frontières poreuses. L’eau traverse les images — baignoires, fleurs, galets, oiseaux bleutés — en fragments scintillants qui poétisent le réel. Impromptue et nécessaire, une animation-peinture ravive la mémoire d’Alfred Nakache. En guise de clôture, un film décalé affirme que l’expérimental pense, respire et aime vivre.
Projection
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- Sergey Shabohin – Atlas of Tectonic Landscapes: Through the Eclipse Corridor, 2023, film, 23’56 (BY)
Performance
On the edge of the wild – À l’orée du sauvage, en une courte série visuelle, questionne notre relation avec le monde sauvage de nos sociétés contemporaines, entre mythe et réalité, fabrication et déni. Comment imaginer l’adaptation des espèces sauvages aux modifications environnementales humaines dans un monde futur de plus en plus artificiel ? La question de la perméabilité des identités entre humains et non-humains est le point central de cette vidéo.
Avec le soutien de la Fondation Anna Lindh, Euromed (co-fondé par l’Union Européenne) et l’Association Interkulti (Hongrie)
Une bobine 8mm d’un vieux western hollywoodien reprend à nouveau vie. Dès les premières notes du clairon, la cavalerie charge – rapide et chaotique – tandis que la pellicule fragile peine à suivre le rythme. Elle ondule, tremble et s’emmêle, prise dans le chaos des coups de feu et le grondement des sabots.
Cavalerie étourdie : une bobine 8mm d’un film hollywoodien, animé image par image sous la caméra.
Une petite fille sur un plateau d’échecs, dans le monde de l’espace et de la matière déployée. L’épisode avait été suffisamment bref pour qu’il se dissolve dans la bande-images des souvenirs et de la normalité la plus ordinaire, et qu’un basculement «de l’autre côté» n’advînt jamais. Ses pieds suivaient alors des lignes invisibles tout en évitant soigneusement certains espaces qu’elle était seule à voir, ou plus précisément à sentir. Ses mains s’attachaient à battre un rythme silencieux en touchant des objets selon un tempo par ailleurs imperceptible, dans un probable élan de ré-ordonnancement et d’harmonisation d’un monde qui lui avait toujours paru discordant, voire chaotique. Une tendance, enfin, à s’échapper hors du temps et de l’espace, en s’engouffrant par le point de fuite de la ligne d’horizon. Dans l’apparente promesse d’infini de la musique, ou dans les histoires qu’elle inventait. Ce sont précisément une musique, des paroles et une conversation familiale qui font ressurgir de tels TOC et ces fragments d’enfance en partie oubliés dans une forme stop … mais un «faux stop» sans enjeu de promotion. Et le «sonore» autant que mes propres souvenirs deviennent la source du mouvement des images.
En 1918, Mary Pickford interprète deux rôles opposés dans le film de Marshall Neilan : Stella Maris, la fille parfaite mais clouée au lit et Unity Blake qui a grandi dans un orphelinat, maltraitée par tous. Les miroirs dans le film sont un support pour ce double rôle, décliné dans la société des riches et des pauvres, de la bonté et de la méchanceté, des sentiments vrais et des vérités cachées. L’eau reflète le soleil et le ciel, les arbres soulignent leur verticalité par les ombres, les cascades marquent le passage du temps. Une peinture de Stefania Kenley de sa série Empreintes, « Étoile de mer, filets de pêche cassés et cordes d’amarrage » participe à la matérialité des images.
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Reflections
In 1918, Mary Pickford played two opposing parts in Marshall Neilan’s film: Stella Maris, the perfect but bedridden daughter, and Unity Blake, who grew up in an orphanage and was mistreated by everyone. The mirrors in the film support this dual role, which is played out in the society of the rich and the poor, goodness and badness, true feelings and hidden truths. The water reflects the sun and the sky, the trees underline their verticality with shadows, the waterfalls mark the passage of time. A painting by Stefania Kenley from her Imprints series, « Starfish, broken fishing nets and mooring ropes » echoes the materiality of images.
Dans Bubble Bath, une simple baignoire devient le théâtre d’un voyage insolite à travers l’histoire du cinéma. Du film noir au western, en passant par l’horreur et la comédie burlesque, un siècle d’images animées se dévoile dans une méditation visuelle sur la poésie cachée du quotidien.
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In Bubble Bath, a simple bathtub becomes the stage for an unusual journey through the history of cinema. From noir and western to horror and slapstick comedy, a century of moving images unfolds in a visual meditation on the hidden poetry of everyday life.
AUTO|BIOGRAPHIES exprime ce que signifie pointer une caméra vers la nature et comment l’objectif imite l’œil en tant qu’outil qui perpétue les préjugés implicites dans la vision humaine. En mêlant vidéo numérique et photographie analogique expérimentale animée, elle déconstruit le mécanisme de la caméra, comme substitut de l’œil. En une logique silencieuse, se construit un voyage immersif à travers des paysages verts mais sans verdure, des pellicules déchirées, des yeux arrachés et des cadavres végétaux, afin de redécouvrir les limites de sa propre vision et d’explorer de nouvelles façons de présenter la nature dépourvue du regard humain.
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AUTO|BIOGRAPHIES is an exploration of what it means to point a camera towards nature, and how the lens mimics the eye as a tool that perpetuates the biases implicit in human vision.
Through a mixture of digital video and animated experimental analog photographic work, the mechanism of the camera, proxy of the eye, is dismantled. With minimal silent narration, the film invites the viewer onto an immersive journey—across green landscapes devoid of green, torn film and torn out eyes, and vegetal corpses — to rediscover the limits of their own vision and explore novel ways of presenting nature devoid of the human gaze.
Glint compose des instants fugaces et des réalités fragmentées en un collage d’images éphémères et de sons disjoints qui capture le scintillement insaisissable de la mémoire.
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Glint is an exploration of fleeting moments and fractured realities. Through a collage of transient visuals and disjointed sounds, the video tries to capture the elusive shimmer of memory.
Fruit d’une collaboration entre KIM Yoonhee et KIM Saebom, This book is over trouve son origine dans des films expérimentaux tournés par Yoonhee. Ces séquences ont été développées avec des couches supplémentaires de son, d’images et de texte en réponse aux éléments visuels des films. Ce projet consiste à varier les formes et sa création a privilégié une manière intuitive improvisant en collages sonores avec des échantillons vocaux empruntés à différentes séquences de divers films.
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This film is created through collaboration between KIM Yoonhee and KIM Saebom. It has begun with experimental films shot by Yoonhee. This footage has been developed with additional layers of sound, image and text responding to the visual elements of the films. Our project is to deliver the visual contents of the films through different shapes to the viewer. This book is over, is created in intuitive and improvised way of playing with sound collage and voice samplings from different film footage. Because the video shows fragmentary images, sounds and words rather in abstract way, it allows the viewers to associate the elements with their own personal imaginations and interpretations.
Premier volume d’une collection tournée à Genève en Super 8, inspirée de Jiseiku, poèmes d’adieu à la vie, écrits par des samouraïs japonais aux 16e et 17e siècles de notre ère.
Quelque chose de ces textes m’a touché, surtout dans ce projet d’écrire un « dernier poème avant de mourir ».
Malgré l’immense différence de cultures et d’époques, quelque chose est passé de ces samouraïs à moi.
Disons que c’est ce « passage » que je recherche à créer avec les films ; ce qui, peu à peu, peut s’apparenter à un exercice de « dérive » ou de psychogéographie.
Entre contemplation, flux de pensées et autres expériences d’errance visuelle, j’essaie donc de composer des états d’âme partagés dans l’espace et le temps, à partir des impressions et émotions véhiculées par les textes.
« Captive de ses reflets, la cité se plie et se déplie au gré de nos passages.
Nous glissons entre les plis, au rythme d’une lente farandole, tenant la porte pour l’inconnu qui suit, pour en faire le complice d’un instant, dans une histoire qui reste à inventer.
inconsolable se focalise sur la chorégraphie des mains ; un jeu d’artefacts et des textures animées instaure une relation réversible entre l’écran des surfaces transparentes et l’écran de projection. »
« Traces de deux performances de résidences, SOPHIA (les Desseins du Corps) forme un tryptique de 9’30 soucieux de l’implication des gestes du corps en Peinture -Vidéo
« Fixer le mouvememt.
Parfois la discrétion est une fête.
Un geste du crayon à l’écran raconte l’élan qui le produit sans en recommander le but ; il danse.
Des bruits, des sons crissent sur le papier, se mêlent à d’autres indices spatiaux en présence. Les silences en suspens et les notes saisissent les hanches du danseur,
lui-même en perte vers l’avenir qu’il propose à la caméra.
Instantanément, je réintroduis, recycle mes propres images, doutes vibrants en transformation.
Inversant les valeurs, bousculant les polarités des couleurs, je cisaille le reel,
génère du mouvement qui s’auto-alimente vers la transe, où se boucle le poème.
Le film résulte d’un montage de performances uniques.
Le principe d’une session repose pour beaucoup sur l’improvisation. »
« Imaginez Démocrite, alors qu’il regardait, alors qu’il tendait son index et son pouce, la paume de sa main éclipsant la lentille de son œil. A-t-il hésité ? A-t-il gardé les yeux ouverts alors que ses doigts se refermaient sur son orbite ? L’image finale de son regard a-t-elle été gravée par la lumière dans son cerveau ? Ce travail photographique analogique expérimental animé se crée alors que l’émulsion de la pellicule et l’image photographique sont progressivement arrachées, pour un monde où l’appareil photo comme substitut de l’œil, est détruit. »
I see you est un voyage audiovisuel où poésie, musique et images fusionnent en une trame contemplative. La voix poétique évoque une perception intérieure du temps, tandis que des images superposées d’escaliers monumentaux, d’eau, de forêts et de colonnes se déploient en reflets vaporeux. L’œuvre devient une méditation sur la présence et la mémoire, invitant le spectateur à voir au-delà des apparences, là où la vision se mue en écoute et où chaque fragment révèle la densité du temps.
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I see you is an audiovisual journey where poetry, music, and imagery merge into a contemplative fabric. The poetic voice evokes an inner sense of time, while layered visuals of monumental stairs, water, forests, and columns unfold in dissolving reflections. The work becomes a meditation on presence and memory, inviting the viewer to see beyond appearances, where vision turns into listening and each fragment reveals the density of time.
Monumental est le dernier film d’une série de documentaires expérimentaux lo-fi tournés avec un smartphone vintage.
Le film a été réalisé à Spoletto, en Italie, et s’inspire du projet « Sculpture in the City » organisé par Giovanni Carandente à Spoletto en 1962, et plus particulièrement d’une grande sculpture stable d’Alexander Calder qui reste aujourd’hui encore une porte d’entrée symbolique de la ville.
Dans l’esprit du modernisme, force motrice de nombreux artistes participant au projet de sculpture, le texte utilisé dans le film est traduit et transformé en poésie en italien médiéval par l’IA.
La chanson qui accompagne le poème, composée dans le mode dorien, est interprétée par Nyla van Ingen, en résonance avec les anciens bâtiments pérusiens de la ville de Spoletto et le festival d’opéra annuel Dei Due Mondi.
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« Monumental » is the latest film of an series of experimental lo-fi documentaries filmed with a vintage smart phone.
The film is made in Spoletto Italy and is inspired by Sculpture in the City -project curated by Giovanni Carandente in Spoletto Italy in 1962 and more specifically a large Stabile by Alexander Calder which remains as a symbolic gateway to the town.
In the spirit of modernism, the leading force by many of the artists in the sculpture project, the text used in the film, is translated and turned into poetry in medieval Italian by AI.
The song setting of the poem in the Dorian mode is composed and performed by Nyla van Ingen, in resonance with the City of Spoleto’s ancient Perugian buildings and annual opera festival Dei Due Mondi.
Certaines figures, issues d’un imaginaire pictural, habitent un espace liminal continu. Leurs corps restent emprisonnés dans des images statiques, où toute tentative de transcendance se résout en une nouvelle forme d’immobilité. C’est dans cette même condition que se meut l’être humain, pris dans la tension constante entre ce qu’il est et ce qu’il aspire à devenir, avançant par approximations, à travers des solutions fragmentées et contradictoires. Sa quête de vérité ne peut jamais se révéler que partielle, limitée, mais profondément nécessaire.
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Some figures, evoked from a pictorial imaginary, inhabit a continuous liminal space. Their bodies remain imprisoned in static images, where every attempt at transcendence resolves into a new form of stillness. In this same condition moves the human being, caught in the constant tension between what they are and what they long to become, advancing through approximations, across fragmented and contradictory solutions. Their search for truth can only ever reveal itself as partial, limited—yet profoundly necessary.
Le français possède une expression plus positive que l’anglais pour désigner les objets égarés par leurs propriétaires. Toutes les images ont été générées par un logiciel d’intelligence artificielle utilisant des instructions vocales.
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French has a more upbeat term than English for items mislaid by their owners. All the images were generated with AI software that uses verbal prompts.
Evergreenest un film expérimental qui explore le lien entre l’homme et la forêt d’un point de vue personnel, politique et culturel. Le récit aborde les thèmes de la séparation forcée et de la perte. Le langage visuel du film s’inspire du paganisme biélorusse, qui dépeint le dieu de la forêt non pas comme une figure anthropomorphique, mais comme une entité métamorphosable qui unit toute la communauté forestière.
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Evergreenis an experimental film that explores the human connection with the forest from personal, political, and cultural perspectives. The narrative touches on themes of forced separations and loss. The film’s visual language draws inspiration from Belarusian paganism, which depicts a forest god as not an anthropomorphic figure but a shape-shifting entity that unites the entire forest community.
https://www.thealit.de/lab/coapparation/en/teil-3/yuliya-tsviatkova
Atlas of Tectonic Landscapes: Through the Eclipse Corridor construit une vision métaphysique de la guerre, de la crise et de la transformation dans les paysages d’Europe de l’Est. Avec l’éclipse solaire comme métaphore centrale, l’œuvre entremêle des images d’archives de destruction, des scènes crépusculaires naturelles et urbaines, et des formes suprématistes qui obscurcissent le soleil, réfléchissant sur l’effondrement de la lumière, de la connaissance et de l’humanisme. La partition originale de Christoph Ogiermann y transforme les harmonies romantiques en résonances industrielles, dans l’évocation d’un état de tension cosmique où la culture elle-même est le théâtre de changements irréversibles. Revisitant La Victoire sur le Soleil de Malevitch comme emblème de la volonté moderniste de domination, Shabohin explicite ses conséquences obsédantes dans le présent : une région tremblante sous le poids de la guerre, des déplacements et de l’épuisement historique. Le film fonctionne à la fois comme une archéologie des ténèbres et un diagnostic tectonique du temps, exposant les fractures spirituelles et politiques qui définissent l’époque contemporaine.
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The video Atlas of Tectonic Landscapes: Through the Eclipse Corridor constructs a metaphysical vision of war, crisis, and transformation within the landscapes of Eastern Europe. Using the solar eclipse as a central metaphor, the work intertwines archival footage of destruction, natural and urban twilight scenes, and Suprematist forms that obscure the sun, reflecting on the collapse of light, knowledge, and humanism. With an original score by Christoph Ogiermann that transforms Romantic harmonies into industrial resonance, the piece evokes a state of cosmic tension where culture itself becomes a site of irreversible shifts. Revisiting Malevich’s Victory over the Sun as a symbol of the modernist will to domination, Shabohin reveals its haunting aftermath in the present: a region trembling under war, displacement, and historical exhaustion. The video operates as both an archaeology of darkness and a tectonic diagnosis of time, exposing the spiritual and political fractures that define the contemporary epoch.
Lessons on Flight tourné en pellicule 16 mm N&B a été éco-développé avec des olives et coloré à la main sur place dans la campagne chilienne. Le film scrute les schémas de vol du colibri chilien, ainsi est-il un exercice de développement écologique sur site, dont le lieu même de tournage a également fourni les matériaux nécessaires pour le développement. Le film a été tourné dans la campagne chilienne, dans la maison d’enfance du père de la cinéaste, et a été développé avec des olives fraîchement cueillies dans le jardin.
Dans la mer, un homme nage. Au fur et à mesure de sa progression les souvenirs remontent à la surface. De sa petite enfance à sa vie d’homme, tous ses souvenirs sont liés à l’eau. Certains sont heureux, d’autres glorieux, d’autres traumatiques. Cette histoire sera celle de sa dernière nage.
SPEECHLOSS, l’espace filmique en est traversé par des êtres solitaires, des figures en décalage et en quête de sens. Dans une ambiance maritime et étrange, court une joggeuse, chante un bodybuilder, se dévisagent des chiens et passe un étrange organe géant. Chacun.e d’eux, le long de quatre tableaux où soufflent le vent et un puissant désir de se dire vivant, porte la trace IA abandonnée, en attente d’activation, dont les gestes n’ont que le vent pour témoin.
L’Épouse Ancestrale est. Elle respire, elle voit, elle sait. Elle n’a ni commencement ni fin. Ses longs cheveux ondulaient lorsque la matière se formait, ses doigts sans chair nageaient au-dessus des galaxies naissantes, et dans son ventre insondable résonna le premier mot prononcé. Dans les arbres, dans la terre, dans l’air. Elle résonne, elle imprègne, elle attire. Sa nature nous échappe. Son omniprésence façonne notre perception. L’Épouse Ancestrale est un archétype aussi vieux que le Temps lui-même, extrêmement puissant, profondément enraciné et étrange dans son influence indétectable, et pourtant toujours présente, sur le comportement et la psyché humains.
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The Ancestral Bride is. It breathes, It sees, It knows. It has no beginning and no end. Its long hair were swaying when matter was forming, Its fleshless fingers were swimming over newborn galaxies, in Its fathomless womb echoed the first word that was uttered. In the trees, in the soil, in the air. It reverberates, It permeates, It allures. Its nature eludes us. Its omnipresence shapes our perception.
The Ancestral Bride is an archetype as old as Time itself, extremely powerful, deep-rooted and uncanny in its undetectable, yet ever-present influence on human behavior and psyche.
Et le ballet de galets de verre, eux seuls, animés en flicker pour un hypnotique voyage. Des séquences stop motion animent des morceaux de verre récoltés sur les rivages de la Méditerranée et qui ont été collectés dans une logique de « soin » des espaces naturels arpentés. Emblématique des forces de la nature qui nous dépassent et qui lentement transforment les traces que nous laissons derrière nous. Le titre renvoie à l’ouvrage éponyme de Marlene Haushofer, Murs invisibles qui décrit une Robinsonnade au féminin.
https://www.documentsdartistes.org/artistes/schonerstedt/page1.html
« Les dieux condamnèrent Sisyphe à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, d’où la pierre redescendait sous son propre poids. Ils pensaient, avec une certaine raison, qu’il n’y a pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir » — Camus.
Sisyphe est condamné à une action répétitive éternelle, pousser le rocher qui va rouler en bas de la pente. Encore et encore, sans répit. Sisyphe ne pousse pas seulement le rocher ; il pousse le poids de sa propre répétition, il se pousse lui-même dans une action absurde, une action dépourvue de sens.
L’homme et le rocher se confondent, le corps devenant le rocher lui-même. Sisyphe est pris au piège de l’esclavage de la répétition, mais il n’est pas un automate, il est conscient et conscient de l’absurdité et, malgré cela, il conserve la volonté de ramasser et de monter le rocher, même s’il sait qu’il retombera. Et c’est dans ce déni et ce deuil – du non-sens et de l’absurdité de l’action- que réside la volonté de refuser d’être une victime, et en refusant d’être une victime, il devient un survivant, et dans ce désir de survie se trouve
le germe de la rébellion et avec elle l’espoir du changement – du sens de la vie.
Le geste s’actue devant une projection dans laquelle Sisyphe est saisi dans un décor naturel, luttant avec son rocher. Ce Sisyphe de l’écran se matérialise dans la salle en interagissant avec le rocher. Son corps souffre sous le poids de celle-ci et exprime son désir de s’approprier ce poids et de le dominer. Sa capacité à comprendre (finalement) que cette action absurde est une imposition étrangère à sa volonté, et que cette pierre fait partie de son essence.






















