Jeudi 12 mars 2026, 18h30-23h
Cinéma Le Cratère
95 Gd Rue Saint-Michel, 31400 Toulouse | Métro : Palais de Justice | ÔVeloToulouse : St Michel-Magendie
3 séances en entrée libre et en présence d’artistes
Trois séances pour dire : « mon corps est légitime, mes amours aussi » et dont l’une fête les 50 ans de nos ami.e.s du Groupe Intervention Vidéo de Montréal, Québec.
Les films traversent rails, forêts, miroirs et mémoires, ils renversent les contes, suivent la femme en ses états visibles et secrets au travers de piliers de l’Histoire, explorent le corps multiple, trans, mythique ou réel, blessé ou jouissant. Certains s’engagent pour l’égalité des désirs.
Projection 1
Projection 2
Spéciale 50 ans du Groupe Intervention Vidéo (Québec)
en présence des commissaires artistiques du GIV, Verónica Sedano Alvarez et Daniela Paglione
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- Marie Dauverné – Eight ways and more to get somewhere though I don’t know where this place is, 2014, film, 2’02 (CA)
Projection 3
Passage, film footage s’écrit par collage de diverses séquences pellicule 8 mm, de qualité et de degré de dégradation variables. S’y distingue des plans d’un auteur inconnu tout autant que son titre mais que nous avons désigné comme Na pruzi / Sur la voie ferrée. Le matériau lui-même, retenu parce que très porteur visuellement, quant à l’explicit, il est réalisé image par image, avec quelques astuces techniques. Ce matériau m’a inspiré pour exprimer la transition d’une réalité à une autre, avec le motif du chemin de fer et du carrefour. Je n’insiste pas sur une interprétation unique et sans équivoque ; le film n’a même pas été réalisé sur la base d’un récit clair, mais plutôt par l’enchaînement associatif de plans.
Passage is an experimental collage-type film, created using various found footage film material shot on 8mm film stock. The material is of different quality and degree of degradation. The core motif was provided by shots from a film by an unknown author whose title we do not know, but we internally call it Na pruzi (On the Railroad). The material itself is visually very striking, and the final shots of the film in which a man duplicates himself were actually created by shooting frame-by-frame, using in-camera tricks. The material inspired me to make a short film about the transition from one reality to another, utilizing the well-known symbols of the railroad and the crossroads. I do not insist on a single, unequivocal interpretation; the film was not even made with a clear narrative basis, but rather by the associative linking of shots.
En septembre 2023, Mathilde Schaub actue une performance aux Beaux-Arts de Paris, qu’elle orchestre en trois actes selon le triptyque : Enfer, Purgatoire et Paradis. Elle qualifie sa démarche de mystique, élevant par là la performance au rang de cérémonie, voire de rituel, alors qu’ODELA s’apparente à un voyage introspectif dans les profondeurs humaines, nos expériences vécues et imaginaires et l’expérience corporelle, exposant la violence inhérente à la confrontation de notre for intérieur, empreint de ses pulsions, besoins et traumas.
Dans mes archives, je retrouve une image numérique qui m’a toujours parlé, mais que je n’avais jamais su monter. Le même jour, plus tard, je retrouve dans ma cave une bobine 16 mm avec un plan que j’avais oublié avoir filmé. Un montage me vient à l’esprit, mais ce « raccord » ne peut avoir lieu ; il s’agit plutôt d’une « coupure » entre deux matérialités, un corps qui se déploie dans l’espace et une image qui se lit dans le temps.
Sur cette crête, entre deux mers, un chant survient en rafales. Puisque le film est projeté en numérique, nous dirons qu’il s’agit d’une comptine pour apprendre à compter au-delà de un. Il n’est pas certain qu’on y arrive.
D’une superficie d’à peine 1 km2, l’île Tromelin fut en 1761 le théâtre du naufrage de l’Utile, un navire négrier de la Compagnie des Indes ayant embarqué illégalement 160 esclaves malgaches.
En raison d’une erreur de navigation, le navire percuta la barrière de corail de l’île en pleine nuit. Vingt membres du personnel de bord ainsi que la moitié des esclaves périrent noyés.
Le reste de l’équipage s’affaira à construire une embarcation de fortune grâce à l’aide des esclaves et partit en leur promettant de revenir les chercher.
Le sauvetage n’arriva que 15 ans plus tard, retrouvant 7 survivantes et un enfant de huit mois.
Ma recherche plastique évolue ici autour de figures en argile émergeant d’un sable mouvant hanté, explorant l’île Tromelin comme un espace de lutte et de résilience.
Démarche artistique :
Ma pratique prend forme dans la tension entre présence au monde et isolement.
La photographie et la vidéo y occupent une place centrale, souvent traversées par un travail sonore ou en volume. Se déploie alors une quête d’espaces d’accueil et de refuge, qu’ils soient psychiques, sociaux, réels ou fictifs.
À travers l’autofiction, le portrait ou la mise en scène d’objets, mon travail explore les effets de la désolation, entre repli intérieur et expérience partagée.
Dans cette recherche, les gestes d’enveloppement, de recouvrement ou d’ensevelissement déploient une charge symbolique proche du rituel.
Mon approche formelle repose sur la frontalité et la répétition, imprégnée de désenchantement et d’une rigueur clinique. La photographie objective allemande constitue une influence centrale, privilégiant une approche systématique de l’image et une observation froide du réel. Mes plus récents travaux s’orientent vers une démarche performative, où l’acte de retrait devient le cœur même de la création.
Il s’agit ici d’explorer le retranchement, non comme une fuite, mais comme condition d’émergence d’un soi possible.
L’empreinte revisitée suppose des couches successives, des changements d’état du support comme si à chaque vague, à chaque mouvement de la mer, le cinéma gravait sur la pellicule la lecture de la trace du corps qui fut là un instant et n’a laissé qu’une empreinte, fluide à la fois par les effacements et les mouvements répétitifs mais aussi figée dans différentes matières l’interprétant.
Entre le château de sable, la prise d’empreinte entre nos deux corps, nous jouons à former une coquille entre nos peaux, la frontière de l’autre. Nous construisons une coquille, voire un coquillage pour deux nous protégeant ainsi du reste du monde.
Durant une performance physique, s’accrochant à l’autre, je me moule avec l’être aimé, gardant l’interstice entre deux corps, un moment intact dans le temps.
Le plâtre part du vivant, de la roche, de la matière minérale, du gypse, pour devenir un objet solide, stable dans le temps.
Une exploration audiovisuelle non-narrative à partir d’un fragment d’un poème de Patrice Desbiens.
La créativité est une force vitale qui stimule le changement et alimente le progrès. Quels que soient les défis auxquels le monde est confronté, la capacité à penser de manière créative, à développer des idées et à les concrétiser reste essentielle. Grâce à elle, nous imaginons de nouvelles possibilités, alors qu’elle inspire la société à évoluer. Grâce à elle, nous repoussons les limites, résolvons les problèmes de manière innovante et façonnons un avenir meilleur.
Lorsque nous partageons ouvertement nos idées et nous encourageons mutuellement, nous créons un espace propice à l’inspiration. Cet échange de points de vue conduit à la collaboration, à l’innovation et à une transformation significative. La créativité ne se limite pas aux artistes ou aux inventeurs, elle est chez tout un chacun. Que ce soit dans le domaine des sciences, de l’éducation, du militantisme ou de la vie quotidienne, la pensée créative nous aide à nous adapter, à créer des liens et à grandir. En période d’incertitude, elle est source d’espoir. Elle nous aide à réinventer le possible et à élaborer des solutions inclusives, tournées vers l’avenir. En cultivant la créativité en nous-mêmes et chez les autres, nous contribuons à créer un monde plus dynamique, plus résilient et plus compatissant.
Creativity is a vital force that drives change and fuels progress. No matter what challenges the world faces, the ability to think creatively, develop ideas, and bring them to life remains essential. It empowers individuals to imagine new possibilities and inspires society to evolve. Creative thinking allows us to break boundaries, solve problems in innovative ways, and shape a better future.
When we share ideas openly and encourage one another, we create a space where inspiration flourishes. This exchange of perspectives leads to collaboration, innovation, and meaningful transformation. Creativity is not limited to artists or inventors—it lives in everyone. Whether in science, education, activism, or everyday life, creative thinking helps us adapt, connect, and grow.
In times of uncertainty, creativity offers hope. It helps us reimagine what’s possible and build solutions that are inclusive and forward-thinking. By nurturing creativity in ourselves and others, we contribute to a more vibrant, resilient, and compassionate world.
En un souvenir d’enfance reconstitué à partir d’un assemblage de photos provenant de sources publiques, de scènes inventées et d’animation image par image, The Man Cave entraîne en un voyage bref et déroutant dans la vision commune de deux jeunes filles sur la masculinité. C’est un regard irrévérencieux d’enfant sur la sexualité masculine, à travers un prisme proto-féministe. L’espace masculin « sûr » de la « caverne des hommes » envahie par des filles, aboutit à un fantasme absurde et exubérant mais s’y glissent des éléments autobiographiques.
S’y emprunte une reprise de «You’ve Got Something There» de la comédie musicale «Varsity Show» des années 1930, avec l’accord de Warner Chappell.
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A childhood memory re-enacted through a mixture of publicly sourced photos, staged scenes, and stop motion animation, “The Man Cave” is brief, bewildering journey inside two young girls’ shared vision of manhood. It’s an irreverent child’s eye view of male sexuality, seen through a proto-feminist lens: the male “safe space” of the “man cave” invaded by girls, culminating in absurd, exuberant fantasy. Autobiographical in origin, it is a work of experimental non-fiction.
The music in the film, a cover of “You’ve Got Something There” from the 1930s musical “Varsity Show,” is used with the permission of Warner Chappell.
Une séance de thérapie fait resurgir des souvenirs de cinq lieux et époques différents ; ainsi des expériences traumatisantes resurgissent sous forme d’images expressives et suggestives. Cependant, peu à peu, le chaos s’apaise alors de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives s’ouvrent, aidant à parler du passé douloureux. S’y exprime une perte mais paradoxalement en poussant à trouver force et espoir.
Therapy session opens memories from five different places and times. Traumatic experiences come back in expressive and suggestive images. Slowly, chaos becomes calmer and changes into peace. It shows new horizons and perspectives which is helpful to talk about the painful past. The film is a story about loss thanks to which is opportunity to find power and hope.
Création vidéo assistée par ordinateur. Ces courtes vidéos sont des éléments d’une démarche qui procède d’une réflexion sur l’articulation entre dessin et écriture automatique, et image (fixe ou animée) obtenue par l’Intelligence Artificielle générative. Dans ce cadre-là, les images proviennent dans un premier temps d’une analyse par un logiciel approprié de dessins automatiques qui sert de prompt à partir duquel sont générée les images dans un rapport dialogique permanent entre l’auteur, qui décide du Final Cut et l’IA. Plus globalement, le propos consiste à interroger l’IA générative comme outil au service de la création artistique.
Malgré ma profonde admiration pour Jeanne d’Arc, je n’ai jamais eu l’intention de retracer son histoire, de louer son courage ni de parler de son héroïsme. Je voulais la dépouiller de tout artifice, ne laissant derrière moi qu’une figure vide et impuissante, errant dans un vent froid et indifférent.
L’Exécution de Jeanne dans les Terres du Sud n’est pas un film sur le passé ; c’est un film sur le vide – un silence abyssal où aucun miracle ne se produit et où aucune prophétie n’ose espérer l’avenir.
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Despite my deep admiration for Joan of Arc, I never intended to retell her story, to praise her courage, or to speak of her heroism. I wanted to strip everything away from her tale, leaving behind only an empty, powerless figure, wandering in the cold, indifferent wind.
The Execution of Joan in the Southern Lands is not a film about the past; it is about a void — a hollow silence in which no miracle occurs, and no prophecy dares to await the future.
TIRESIAS est une méditation sur la cécité – à la fois organique et spirituelle comme manque de prévoyance – remettant en question la boucle de récurrence et de prévisibilité récursive de l’IA.
Dans la mythologie grecque, Tirésias était un oracle aveugle, dont la clairvoyance et les prophéties s’étendaient sur sept générations. Il était à la fois homme et femme, ce pourquoi les textes le caractérisent comme un être liminal, médiateur de « l’entre-deux » : l’humanité et les dieux, l’aveuglement et la vue, le présent et l’avenir, ce monde et les Enfers.
Le film créé avec TouchDesigner, GAN et Processing, imagine un monologue intérieur de Tirésias, qui ne peut même plus voir dans l’obscurité, car même elle a disparu et est remplacée par la récursivité, l’auto-réplication et une boucle de rétroaction infinie d’images en miroir. La cécité n’est, dès lors, plus l’incapacité de voir, mais l’état de submersion sous des reflets infinis ; non pas l’absence de vue, mais sa saturation. L’œuvre réfléchit sur la visibilité et l’invisibilité. La cécité est désormais produite par l’hypervisibilité. Sous le regard algorithmique, l’œil ne peut se reposer. Chaque geste est cartographié, chaque trace enregistrée, chaque possibilité réduite à des données. La lumière excessive aveugle. Être vu par la machine, c’est être surexposé, hypervisible, piégé dans des schémas sans fin. Pourtant, ce qui importe le plus – l’imprévisible, l’incertain, le pas encore imaginé – reste invisible. La cécité s’avère une forme de résistance, un refus de la logique algorithmique. À la fin, on ne sait pas si la voix appartient à Tirésias ou à une IA. La vision s’effondre sous l’abondance ; ce n’est qu’en retrouvant l’invisibilité et l’incertitude que l’imagination, la prophétie et l’avenir peuvent perdurer.
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TIRESIAS is a meditation on blindness—both spiritual blindness and blindness as lack of foresight—questioning the looping mirroring of AI recurrent and recursive predictability.
In Greek mythology, Tiresias was the blind prophet, known for clairvoyance and prophecies that spanned seven generations. Tiresias lived as both man and a woman and throughout literature are presented as a liminal being, mediating the “in between”: humankind and the gods, blind and seeing, present and future, this world and the Underworld.
The video, created using TouchDesigner, GAN, and Processing, imagines an inner monologue of Tiresias, who can no longer see in the dark, for even the dark has vanished—replaced by recursion, self-replication, and an infinite feedback loop of mirrored images. Here blindness is no longer the condition of not seeing, but of being overwhelmed by infinite reflection. It is not absence of sight but its saturation. Blindness is produced by hypervisibility. Under algorithmic vision, the eye cannot rest. Every gesture is mapped, every trace recorded, every possibility reduced to data. Excessive light blinds.
The work reflects on visibility and invisibility. To be seen by the machine is to be overexposed, hyper-visible, trapped in endless patterns. Yet what matters most—the unpredictable, the uncertain, the not-yet-imagined—remains invisible. Blindness here becomes resistance, a refusal of algorithmic logic. At the end, it is unclear if the voice belongs to Tiresias or an AI. Vision collapses into abundance; only by reclaiming invisibility and uncertainty can imagination, prophecy and future endure.
Les mouvements et les sensations de Silvia reprennent après qu’elle ait été touchée par Massimo sur la tête. Novi Sad Amorous Screams + Dreams a été réalisé en une improvisation et une seule prise, à Novi Sad le 7 mars 2025. Le toucher de Massimo est censé influencer les pensées et les gestes de Silvia : le lien entre le toucher corporel et les sentiments invisibles exprimés par des gestes visibles est imprévisible.
Le film a été retenu pour l’exposition organisée par Marek Rogulski, Ni-Hi-Hilizm, ICS Instytut Cybernetyki Sztuki Galeria Spiż 7 de Gdansk, en mai 2025.
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Silvia’s moves and feelings restart after being touched by Massimo on her head. This video figment is a one shot impro experiment made in Novi Sad on March 7 2025. Massimo’s touch is meant to influence Silvia’s thoughts + gestures: the link between the material touch and the invisible feelings expressed by visible gestures is unpredictable.
This video has been featured in Ni-Hi-Hilizm exhibition, ICS Instytut Cybernetyki Sztuki Galeria Spiż 7, Gdansk, curated by Marek Rogulski (May 2025).
The Sun Through Trees s’écrit avec des fragments empruntés au téléphone portable de l’artiste et filmés à Minsk, par lui-même en 2020 lors de la Marche pour Les Libertés du 16 août ainsi que lors d’un voyage de groupe avec d’autres artistes à la ferme Kaptaruny, à l’occasion d’une séance de peinture en plein air à l’automne 2020. En outre, l’artiste a retenu des bribes de vidéos sans relation, ainsi que des plans pris par inadvertance lorsqu’elle avait oublié d’éteindre son téléphone. Le film est, par ailleurs, projeté sur l’écran cassé de son téléphone portable. Le film fait référence aux événements survenus en Biélorussie, aux manifestations de protestation et aux arrestations, comme autant d’indices de la vision personnelle de Zhanna Gladko sur ces événements.
Après la 100e prise de ‘Testo du jeudi‘ (en anglais TTT), les références trilingues comme l’alphabet romain et coréen (Hangeul) et l’alphabet syllabique japonais (Katana) du mot TRANS sur un sketch de Kě.
After 100th The Thursday Testo, the tri-linguistical references such as the Roman and Korean (Hangeul)alphabets and the Japanese syllabic (Katana) alphabet.
Je suis un homme trans. Cet autoportrait est une objection visuelle réagissant aux discours transphobes des TERFs. Je me déshabille dans un plan séquence au fur et à mesure que le discours des TERFs étale sa haine. Elles parlent d’opérations irréversibles. Moi je suis ravi de mes cicatrices. Mon corps est légitime. J’existe. Je les emmerde.
Ossature (2), de cette performance entamée en août 2017 à Lisbonne et s’achevant en 2018, le film garde la simplicité et le dénuement au cœur d’une série de manipulations qui se déploient dans un grand ralenti.
Un gros bonhomme blanchâtre, constitué de plusieurs tissus vaporeux et de papiers, gît sur une table. En short et camisole blanche, comme prête à soulever des altères, je manie, modèle et palpe la matière afin de me fondre en elle et être son double.
Plans rapprochés sur deux bouches voilées performant en lipsync un duo d’opéra sur un air absent auquel se substitue une trame sonore artificielle et détonante. Celle-ci suggère un hors-champ ancré dans la matérialité d’actions et de manipulations anodines. Cette rencontre incongrue vise à découvrir le corps dans son étrangeté, à travers ce qui excède et déborde d’une image convenue, lorsqu’une voix dissonante y résonne en écho.
Combinant différentes sources d’images avec des matériaux divers, un télescope en carton, un jeu de pliage d’enfant et des animations image par image, le film explore le cheminement étrange de se « définir » comme une personne, quand on ne sait pas vraiment ce que cela signifie.
https://www.givideo.org/collections/vendors?q=Marie%20Dauvern%C3%A9
Pic Pic révèle de manière métaphorique et conceptuelle une dimension érotique et exaltante du toucher. Le rapport haptique à l’écran d’épingles dévoile des formes et un langage primitif qui évoquent un rapport sensuel au dispositif.
La nature de nos outils est-elle également façonnée par la façon dont nous les utilisons?
Pellicule Super 8 développée à la main avec du caffenol afin d’adoucir les contours de l’environnement et de l’artiste en interaction avec celui-ci et ses outils ; microphones et haut-parleurs pris comme des instruments de musique pour la création sonore.
Un geste physique dans des espaces abandonnés rappelle des passés traumatiques.
Lacune : 1. un espace vide ou une pièce manquante; un interstice; une absence.
2. une discontinuité dans une structure anatomique.
Différentes textures de chagrin et d’acceptation émergent et l’œil de la caméra devient une lentille tournée vers l’intérieur. L’espace est habité par la mémoire; la mémoire devient un geste qui cherche le passé. Lacune en méditation poétique, navigue dans un paysage d’absence, de mémoire et de transformation par l’image et le son.
De l’espace rythmique de To The Nightingales, collage filmique, émerge une poétique audiovisuelle. Passant au crible des pellicules trouvées d’un ancien film coloré à la main, le film transporte dans un autre royaume, absorbé dans l’obscurité et lavé dans la lumière. Les sons superposés et les images texturées s’avèrent une sorte de rumination désinvolte sur les matériaux de l’artiste, sur la naissance et la mort, sur l’attention, la construction et la tension – une liste abstraite de ces choses que l’on ne peut obtenir.
Des bouts en super 8 mm et 16 mm et des cartouches périmées trouvées et tournées au Québec portent le reflet sur des mots écrits à Beyrouth pour créer une carte postale
mélancolique entre les deux mondes.
Lessons on Flight tourné en pellicule 16 mm N&B a été éco-développé avec des olives et coloré à la main sur place dans la campagne chilienne. Le film scrute les schémas de vol du colibri chilien, ainsi est-il un exercice de développement écologique sur site, dont le lieu même de tournage a également fourni les matériaux nécessaires pour le développement. Le film a été tourné dans la campagne chilienne, dans la maison d’enfance du père de la cinéaste, et a été développé avec des olives fraîchement cueillies dans le jardin.
J’ai rêvé de toi l’autre soir, tu étais là, tu m’observais sur un lit. À mon réveil, tu avais disparu. Les choses changent.
Tourné en Super 16mm et en caméra thermique et alternant entre les deux, Quelque chose s’est passé questionne à travers des paysages extérieurs comme intérieurs le retour à l’éveil après le rêve, la constatation d’une disparition et le silence qu’il engendre. Il ne reste plus qu’à voir et écouter ce qui nous entoure.
Dans mes propres archives, j’ai sélectionné un fragment de Dérive réalisée en 2015 : déambulation par une journée glaciale sur le Lac Champlain aux États-Unis. J’y ai intégré des éléments récents pour construire une histoire de voyage vers un monde onirique, monde d’ombres, monde de transformation.
Fantôme – et si c’était vrai se construit de ces documents d’archives et d’éléments récents pour faire ce voyage en temps réel mais aussi au temps passé, le film partant à la rencontre d’une femme au visage énigmatique, empruntée à la peinture de Petrus Christus et avec laquelle je trouve une filiation, malgré l’espace-temps qui nous sépare. Par ailleurs, le noir et blanc et le type d’images provoquent différentes couches de sens et une aura mystérieuse.
Je monte un escalier. En haut, je trouve une histoire.
Une petite fille d’une autre époque, dans une maison abandonnée, dans un lac disparu, dans un trou de mémoire.
Je fais partie de cette histoire, fantôme hésitant, perdu dans son propre imaginaire.
Je circule à pas de loup, tentant de localiser un souvenir évanescent. Mais ce souvenir en est-il vraiment un, ou m’est-il imposé par la redoutable vraisemblance de ce qu’on imagine, à toute heure du jour et de la nuit?
Notre imaginaire nous appartient-il ou bien est-ce nous qui lui appartenons?
I climb a staircase. At the top, I find a story.
A little girl from another era, in an abandoned house, on a vanished lake, in a hole of memory.
I am part of this story — a hesitant ghost, lost in her own imagination.
I move softly, trying to trace a fading memory.
But is it really a memory… or is it being imposed on me by the haunting believability of what we imagine, at all hours of the day and night?
Do we own our imagination, or does it own us?
Une IA tente de se constituer une mémoire en puisant dans les images et souvenirs d’anonymes. Des images d’anniversaires, de naissances, de vacances… Des images qu’en somme, tout un chacun possède et qui nous définissent comme être humain. En s’appropriant ces images, l’IA (« Je ») tente de trouver sa propre humanité. Mais ces images si communes et universelles soient-elles; reflètent-elles vraiment la vérité ?
De l’autre côté, super 8 sonorisé, s’inspire de film d’archives familiales et des classiques du ciné concert, Alice de l’autre côté. C’est une échappée musicale dans l’imaginaire d’un père et de sa fille qui mène à suivre l’enfant de 6 ans dans le jeu de sa vie sur son chemin pour devenir reine.
Et les êtres qu’ils rencontrent évoluent – logiquement pour qui se souvient de la source littéraire – sur un jeu d’échecs – et se pose la question de qui est en train de rêver…
Est-ce Alice qui découvre la lecture?
Est-ce son père qui la filme?
Est-ce son grand-père auquel Alice lit une histoire de Lewis Carroll?
L’histoire d’une jeune fille qui, voulant échapper à sa propre peur, se retrouve piégée avec elle dans une petite cabane au fond des bois. Enfermée entre quatre murs, sans issue, elle doit lutter contre la faim, le froid et la terreur de ce qui, jadis, voulait lui faire du mal… et qui gît désormais mort à ses côtés.
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A story about a girl who wanted to escape her own fear, but accidentally traps herself together with it in a small cabin in the woods. Locked inside four walls, with no way out, she has to deal with hunger, cold and the fear of something that once wanted to hurt her… but now lies dead beside her.






























