Vendredi 13 mars 2026, 18h30
Studio Astorg
16 Rue des Changes, 31000 Toulouse | Métro : Esquirol | ÔVeloToulouse : Place Esquirol
Vernissage
Entrée libre et en présence d’artistes
Exposition du 18 mars au 28 mars, du mercredi au samedi, (13h-18h30)
Le passant, la passante ignorent souvent les secrets que cache la façade de l’Hôtel d’Astorg malgré fenêtres et pilastres Renaissance indiciels. Cependant, nous investissons la cave voûtée en trois espaces, diversement selon les médiums, les origines, les propositions : photographies et poème-film sur le livre attaqué par les termites, périple de films où la mer se fait spectrale et poétique, houle et vagues mêlant mots et corps flottants. L’eau revient, détournée par IA, échos de peinture ou de livre, baignoire contrainte, mer toujours recommencée. Et dans la toute petite pièce, analogiques ou avec IA, des films revendicatifs pour la reconnaissance trans.
Installations
Photographies
Action-déambulation
Après la 100e prise de ‘Testo du jeudi‘ (en anglais TTT), les références trilingues comme l’alphabet romain et coréen (Hangeul) et l’alphabet syllabique japonais (Katana) du mot TRANS sur un sketch de Kě.
After 100th The Thursday Testo, the tri-linguistical references such as the Roman and Korean (Hangeul)alphabets and the Japanese syllabic (Katana) alphabet.
Deux plans de l’océan se superposent, chacun cherchant à exister. Ce n’est plus le réel, mais son double spectral et poétique. Leur matérialité numérique s’entremêle, alors surgissent des couleurs inattendues : jaunes acides, verts, violets, oranges… donnant force à une mer autre, déroutée.
L’image en strates déploie une temporalité contemplative et étrange, où le visible se dissoudrait dans sa propre illusion.
Poétique, Endless Sea rappelle que la mer n’est plus bleue.
Cette courte œuvre vidéo réinvente le tableau du XVe siècle intitulé Saint Elizabeth’s Day Flood[i] (L’inondation du jour de la Sainte-Élisabeth), à la fois comme traumatisme historique et présage contemporain. Combinant des images générées par l’IA inspirées du tableau et des séquences vidéo modernes, le film efface les frontières temporelles : des églises gothiques côtoient des tours de verre, des villageois rament à côté d’androïdes, et des eaux boueuses déferlent à la fois sur des villes anciennes et des horizons contemporains.
À travers des oppositions saisissantes, Echoed in Water réfléchit à la violence répétée des catastrophes climatiques provoquées par l’homme. La fusion des époques suggère non seulement la continuité de la vulnérabilité environnementale, mais aussi la manière dont les progrès technologiques ont non seulement échoué à nous protéger contre la colère de la nature, mais ont également contribué à l’aggraver. Le passé médiéval, autrefois considéré comme lointain et sans rapport avec nos vies, devient le miroir de nos angoisses actuelles, d’autant plus que la montée des eaux, la destruction des infrastructures et les bouleversements écologiques font désormais partie de notre quotidien.
Cette œuvre offre une réflexion visuelle sur la fragilité, la mémoire et le mythe du progrès. Elle n’est pas seulement une éloge funèbre pour les victimes de la noyade, mais aussi un avertissement : l’histoire, comme l’eau, finit toujours par revenir.
Les deux panneaux représentant l’inondation de la Saint-Élisabeth illustrent la catastrophe du 19 novembre 1421 (jour de la fête de Sainte-Élisabeth). Le panneau de droite, plus complexe, présente un langage visuel unique, caractérisé par des perspectives et des proportions déformées. Il représente plusieurs histoires simultanément, qui construisent le récit global de l’événement. Ces caractéristiques intrigantes servent de modèle et de point de départ à une enquête visant à traduire et à transformer le tableau en un scénario qui anime une image des catastrophes écologiques passées et présentes.
[i] L’inondation de la Saint-Élisabeth, Meester van de Heilige Elisabeth-Panelen, vers 1490 – vers 1495.
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This short video art piece reimagines the 15th-century painting, Saint Elizabeth’s Day Flood[i], —as both historical trauma and contemporary omen. Combining AI-generated shots inspired by the painting with modern video footage, the film collapses time: Gothic churches stand beside glass towers, villagers row past androids, and muddy floodwaters surge through both ancient towns and contemporary skylines.
Through haunting juxtapositions, Echoed in Water reflects on the repeated violence of human-induced climate disasters. The merging of eras suggests not only the continuity of environmental vulnerability but also how technological advancement has not only failed to safeguard against nature’s wrath but also contributed to it. The medieval past, once seen as distant and irrelevant to our lives, becomes a mirror for our present anxieties—especially as rising seas, broken infrastructures, and ecological displacement become daily realities.
The work offers a visual meditation on fragility, memory, and the myth of progress. It is not only an elegy for the drowned but also a warning: history, like water, finds its way back.
The Saint Elizabeth’s Day Flood two panels depict the flood on November 19th 1421 (the feast day of Saint Elizabeth). The right panel, which is more complex, has a unique visual language of distorted perspectives and proportions. It depicts multiple stories simultaneously, which construct the overall narrative of the event. These intriguing features serve as a template and starting point for an investigation aiming to translate and transform the painting into a storyboard that animates a picture of past and present ecological catastrophes.
[i] The Saint Elizabeth’s Day Flood, Meester van de Heilige Elisabeth-Panelen, c. 1490 – c. 1495.
Création vidéo assistée par ordinateur. Ces courtes vidéos sont des éléments d’une démarche qui procède d’une réflexion sur l’articulation entre dessin et écriture automatique, et image (fixe ou animée) obtenue par l’Intelligence Artificielle générative. Dans ce cadre-là, les images proviennent dans un premier temps d’une analyse par un logiciel approprié de dessins automatiques qui sert de prompt à partir duquel sont générée les images dans un rapport dialogique permanent entre l’auteur, qui décide du Final Cut et l’IA. Plus globalement, le propos consiste à interroger l’IA générative comme outil au service de la création artistique.
Entre l’air et l’eau ? tout corps plongé… dans une société, dans le temps, dans une image, dans un mouvement, … subit une poussée égale au poids de l’insécurité permanente de part l’accélération du monde.
Tout corps plongé se souvient de L’Innommable de Beckett, du théâtre de Nathalie Sarraute, des réflexions de Zygmunt Bauman et de ma sensation de bien être, mon attirance pour le milieu aquatique, l’eau, la fluidité, l’intemporalité de cette matière. Un mouvement capté entre l’air et l’eau…
Dans Bubble Bath, une simple baignoire devient le théâtre d’un voyage insolite à travers l’histoire du cinéma. Du film noir au western, en passant par l’horreur et la comédie burlesque, un siècle d’images animées se dévoile dans une méditation visuelle sur la poésie cachée du quotidien.
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In Bubble Bath, a simple bathtub becomes the stage for an unusual journey through the history of cinema. From noir and western to horror and slapstick comedy, a century of moving images unfolds in a visual meditation on the hidden poetry of everyday life.
Les êtres vivants, comme les termites, tracent des itinéraires au-dessus de lieux auparavant inhabitables : ils doivent réinventer les façons de s’empiler. Aussi aléatoire et isolé que soit leur microcosme, même ce qui semblait vide est désormais plein de possibilités de corruption. Un baiser de l’ère de la reproductibilité technique à celle de la dématérialité.
Gorge, du latin « gurges » dénote le « tourbillon d’eau », le « gouffre, l’abîme » puis « le gosier ».
La gorge comme seuil entre notre corps et le monde. Se tenir au seuil de la parole, à l’endroit où ça remue, où ça brasse, où l’hésitation se fait entre laisser jaillir, déborder, ou se laisser glisser dans le gouffre du non-dire. Le silence creuse des trous, ouvre des précipices.
Toutes ces langues qu’on nous coupe.
Sur un fragment du texte « Dans le cas l’ablation de la gorge et du pharynx… » de L’ignorant et le fou de Thomas Bernhard.
Je suis un homme trans. Cet autoportrait est une objection visuelle réagissant aux discours transphobes des TERFs. Je me déshabille dans un plan séquence au fur et à mesure que le discours des TERFs étale sa haine. Elles parlent d’opérations irréversibles. Moi je suis ravi de mes cicatrices. Mon corps est légitime. J’existe. Je les emmerde.
Dans ce court métrage fantastique et horrifique inspiré du récit d’Arthur Gordon Pym de Nantucket, un narrateur (dans une langue inconnue) décrit un voyageur solitaire qui s’aventure dans un royaume ancien et oublié où la réalité se dissout dans l’inconnu. Dans un vaste temple en ruines, des colonnes imposantes se tordent tels des serpents figés, et d’inquiétants hiéroglyphes se transforment au-delà de toute compréhension. Paralysé, l’homme voit de pâles tentacules ondulantes descendre d’un vide aveuglant, leurs mouvements lents et délibérés ressentant sa présence. À mesure que la lumière s’intensifie, les vrilles l’enveloppent, l’entraînant dans la blancheur, dans quelque chose au-delà du temps, au-delà de l’existence. Une méditation onirique sur le destin, la transformation et les mystères qui se trouvent juste au-delà de la perception humaine.
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In this horror fairy tale short film, inspired by The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, a storyteller (in unknown language) describes a lone traveler ventures into an ancient, forgotten realm where reality dissolves into the unknown. Within a vast, crumbling temple, towering columns writhe like frozen serpents, and eerie hieroglyphs shift beyond comprehension. Paralyzed, the traveler watches as pale, slithering tentacles descend from a blinding void above, their slow, deliberate movements sensing his presence. As the light intensifies, the tendrils envelop him, drawing him into the whiteness—into something beyond time, beyond existence. A dreamlike meditation on fate, transformation, and the mysteries that lie just beyond human perception.
Émergeant de l’espace liquide entre mythe et simulacre, une sirène qui avait autrefois donné sa voix et son corps réapparaît multipliée sur des surfaces numériques. Son corps se fragmente et s’étend à travers des états de désir et de silence. Un écho, de l’écume et le fantôme d’une présence instable. Elle déploie une hybridité agitée, hantée par des rôles scénarisés et la métamorphose pour exister à l’ère de l’hyperréalité.
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Emerging from the liquid space between myth & simulacrum, a mermaid w̶h̶o̶ ̶o̶n̶c̶e̶ ̶g̶a̶v̶e̶ ̶u̶p̶ ̶h̶e̶r̶ ̶v̶o̶i̶c̶e̶ ̶&̶ ̶t̶a̶i̶l̶ ̶ reappears multiplied across digital surfaces, where the body fragments & expands through states of desire & silence. an echo, foam & ghost of an unstable presence. it unfolds a restless hybridity, haunted by scripted roles & metamorphosis to exist in t̶h̶e̶ ̶a̶g̶e̶ ̶o̶f̶ hyperreality.
Cet instant fugace où la lumière est sur le point de définir la forme et de triompher des ténèbres, où l’âme tapie au cœur de chaque élément est prête à émerger et à s’identifier à une idée prête à donner sa forme. Floating in space tente une image de cet instant précis, à la frontière entre le monde intérieur et le monde extérieur, là où se rencontrent toutes les contradictions. C’est un acte de trêve, un armistice, une résolution, en ce sens qu’elle représente, exprime et dépeint, dans un mouvement gracieux et une progression harmonieuse, « notre vie, un flux permanent inscrit dans un cadre temporel stable ». Le mystère envoûtant des ténèbres face au mystère lumineux de la lumière, le chaos face à l’ordre, les innombrables possibilités de synthèse, tout cela est là, matière première à la disposition de l’homme…
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It is all about the flash like moment when light is about to define form and prevail over darkness, when the soul hidden inside every thing is ready to emerge and identify with an idea that will give it its form. It attempts a visual presentation of that very moment at the very boundaries between the inner and the outer world, where all the contraries touch. It is an act of truce, an armistice and a resolution, in the sense that it represents, expresses and displays, in graceful movement and harmonic progression, « our life a permanent flow inside a steady time frame ». The alluring mystery of darkness versus the illuminated mystery of light, chaos versus order, the innumerable possibilities of synthesis, are all there, available material for man to use…
Tour à tour oiseau, sujet de curiosité, balloté dans l’immensité de l’Océan, rêveur, empreint de nostalgie, parfois joueur, j’ai baladé le Livre au gré de mes voyages, au travers des 4 éléments et des saisons.
Passeur de nos connaissances, de nos découvertes, témoin de notre Histoire autant que de nos folies humaines, le Livre atteste d’une Terre nourricière qui endure les mauvais traitements qui lui sont infligés mais qui aussi rue avec la brutalité rageuse de ceux qui ont trop longtemps fait acte de patience.
Noyade mentale cherche l’invisible et à l’intangible, en figurant ce qui ne peut être vu ni touché, mais qui habite intensément l’expérience humaine : une sensation diffuse, troublante, celle de la perte de soi. Ce n’est pas une disparition brutale, mais un effacement progressif, presque silencieux, comme si l’identité se diluait lentement dans un espace sans contours.
Le corps n’y est plus un repère stable mais englouti, absorbé, comme aspiré par un vide ou un fluide mental. Les limites physiques floues, incertaines. La chair se confond, les formes se dérobent. C’est une noyade intérieure, lente, étouffante, non pas dans l’eau, mais dans un espace mental aliénant, abstrait, où le réel perd sa consistance.
Il y s’agit de rendre visible l’état de dérive identitaire, cette impression d’étrangeté à soi-même, de flottement, de glissement hors de son propre corps. en interrogeant la frontière entre ce qui est perçu et ce qui échappe, entre la présence physique et l’absence intérieure.
Je confie une sculpture à des personnes de rencontre
en leur demandant de la confier également à quelqu’un d’autre
et ainsi de suite, sans qu’il n’y ait de propriétaire définitif ni de point de chute final.
Je demande simplement à ce qu’on m’informe de l’histoire de la sculpture :
à qui elle a été confiée,
où elle se trouve et
quand s’est passée la transmission,
de façon à avoir un historique de l’œuvre itinérante.















