Installation | France | 2023 |
« ça monte pas, est-ce que c’était la bonne dose ? »
Dans des réservoirs en acier, un tirage argentique corrodé par sa matière même ; la solution d’halogénure d’argent -ce qui constitue la photographie argentique- active une métamorphose par destruction. Une fontaine d’absinthe active la pièce: elle évoque l’ivresse, l’évanescence et fait un clin d’œil vers les images : clichés pris dans l’euphorie de la nuit. Ce volume gagne plusieurs temporalités et rythmes. La temporalité du cliché mais aussi celle des réactions chimiques, du développement aux oxydations, à l’évaporation. S’y acte une émeute de couleurs, de matière vivante. Et comme si l’image sortait d’un long sommeil, nous étions témoins de son éveil simultané à sa décadence. L’objet retrouve parallèlement son rythme dans l’espace, invitant le parcours et ralentissant le passage. En une invitation à aussi ralentir le regard, de la tension se crée dans l’attente que la goutte tombe, dans l’attente de la
révélation d’une nouvelle image.
J’aimerais que celui qui regarde, ait envie d’y retourner, après quelques heures, un jour, une semaine, et saisisse ainsi l’évolution de la pièce.
Cette installation est l’histoire de la genèse de la photographie : l’image est détruite par sa matière mère et la manipulation chimique renforce sa visibilité.