Page 105 - Catalogue 2026
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ENSAV PROJECTIONS

Sun Guaiwu, Refractory, 2025, 19’42 (CN)

       Une marelle avec des chiffres, en noir et blanc.
Quelqu’un y pose les pieds. Un craquement. Le champ
s’obscurcit. Une marionnette de bois en costume d’écolier,
allongée au milieu de la marelle disloquée est approchée
simultanément à la voix over et au titre sans ambiguïté :
Refractory/ Réfractaire.
Un homme à la chemise blanche porte l’enfant de bois sur son
dos. Il traverse un pont en béton désaffecté, couloir ouvert
sur un paysage, suivi à courte distance. L’image numérique
reste sobre, sans intervention de postproduction visible, elle impose la végétation touffue, l’eau,
la brume. L'homme s’aventure en un chemin d’épreuves et d’étranges rencontres, scandées du
noir, alors que les personnes rencontrées sont, à chaque fois, un peu plus âgées.
Très tôt, dans l’herbe, d’une étrange grande géode octogonale beige et bordeaux sortent deux
jambes et des fesses d’homme. L’éclaireur soulève le couvercle sans grand étonnement et se
confronte au refus de l’enfermé, qui répond de manière sibylline qu’il n’en partira que quand tout
sera fini. Sans autre explication, le noir l’enferme.
La seconde rencontre ajoute au mystère ; un homme, sac à dos garni de peaux de bête et de
grelots lance une complainte. De son chapelet à grosses boules pend une grande pomme rouge
qui tombe. Le découvreur mord dedans, déclenchant le tonnerre.
En troisième lieu, il croise sur le chemin embrumé sans s’arrêter un homme aux cheveux longs, un
peu plus vieux que le précédent, il porte une grande céramique violet mat, à la forme incongrue
entre le torse humain et l’utérus, et s’affaire à glisser des feuilles dans les trous, caressant les
contours.
Bientôt, un homme un peu plus vieux encore, en robe, pousse un chariot rouge à deux roues, le
pose, se déshabille avant d’entrer dans la rivière et l’homme à l’enfant le dépose dans le chariot.
Pour sa cinquième épreuve, plus saugrenue encore : trois figures agitent deux totems et un
drapeau, avant de s’immobiliser à son arrivée Chacune déclare ce qu’elle possède: la survie et la
force, l’équilibre et la nature, la vérité et la sagesse avant de s’inquiéter de ce que lui a, sans recevoir
de réponse mais la musique surgit, piano et cordes occidentales, tendre mais très légèrement
dissonante. Elles mènent une ronde autour de l’homme qui tient l’enfant dans ses bras avant qu’il
ne reparte.
Sixième découverte : une grotte. Une lumière chaude pulse doucement. Une tête d’enfant sans
visage attend là, surface plate ornée d’un symbole, deux pattes de poule en guise de jambes.
Un vieil homme, plus âgé que tous les autres, tient une tête identique à celle du premier enfant.
Sentencieusement, il énonce que tous les chemins mènent ici, et que rien de tout ça n’a vraiment
d’importance . Peut-être y aura-t-il quelque changement la prochaine fois rétorque le marcheur
s’attirant le soupir du vieux.
Au bord de la rivière, au petit matin. Un feu. L’homme et l’enfant de bois, côte à côte. L’enfant
affirme que sa jambe va mieux, que tout ira bien, qu’il est grand désormais et il pose sa tête contre
l’épaule de l’homme. Ils ne bougent plus mais disparaissent en un mouvement dans l’immensité

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