Page 100 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  ENSAV

   Marko Meštrović, How, 2025, 8’47 (HR)

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                                                      largement énuméré dans le générique final en de nombreuses
                                                      langues, se lance dans le film sachant qu’il ne donnera pas
                                                      de réponse.
                                                      L’animation travaille le noir profond, en varie les gris, dans
                                                      la connotation du risque et de la désespérance devant
                                                      l’inaptitude de l’homme à tirer parti de ses expériences, des
                                                      catastrophes de la terre dont il est le responsable ou pas –
                                                      tsunami et bombe – et la victime ainsi que tout le vivant.
   Le signe de l’infini, avec un petit élément emporté sur sa boucle ou pas, tournant lui-même ainsi
   qu’une planète sur d’autres corps sphériques, se transforme en s’évidant sans imitation du réel.
   Ce signe, figure de la bande de Möbius, porte en abyme la structuration du film qui revient en
   boucle, de plus en plus rapide, sur son évolution et très nettement, en sa fin, reprend son début.
   Sans échappatoire car sans autre issue que la pensée et la création qui permettraient de voler, de
   quitter la matérialité, l’engluement.
   L'animation a retenu la poudre de pastel posée, effacée, retirée pour sa figuration, ce qui correspond
   absolument à l’advenue de l’être, à ses actions, à ses pertes, à sa disparition et à sa naissance
   encore : « l’éternel présent » énoncé par la voix over, témoin des sursauts et bousculements de la
   planète Terre.
   Et ce, en un glissement de la musique indienne, dont l’harmonium apporte le souffle et la mélodie
   expressive, ses ornements parfois hypnotisants, au Requiem paradoxalement triomphant et
   envolé de Mozart, même s’il s’agit du « lacrimosa »/ la larme ; l'œuvre dernière, laissée inachevée
   et dès lors, posthume avec un bruit de cœur battant ici et là, rappelle le vivant, rappelle «l’éternel
   présent ».
   La simplicité voire l’ébauche assure, ainsi, l’histoire de la planète depuis sa naissance. Celle-ci est
   reprise en vitesse de plus en plus accélérée, en accord avec les transformations, désormais, des plus
   rapides susceptibles d’entraîner la destruction. Le même jet en arc de cercle blanc, météorite ayant
   décimé les dinosaures, figure celui de la bombe atomique, dernière « amélioration » technique du
   « comment » se tuer le plus sûrement : avant ce fut le caillou lancé par un hominine, puis l’arc par
   l’Indien à la coiffe de plumes. Elle éclate en champignon plus réaliste avant la destruction du tout.
   L’histoire se fait, de même, par le simple changement de vêtement de l’homme dont le corps
   devient adulte, et qui endosse après divers hauts, un uniforme non reconnaissable. C’est du même
   sapiens dont il s’agit.
   Avec le signe de l’infini, a surgi un petit d’homme en simple tee-shirt aux yeux aussi ronds que les
   lunettes d’aviateur qu’il rêve d’être. Enfant, sur son vélo sommaire, il avance bras ouverts, puis ses
   mains imitent le mouvement d’hélices qu’une main lance sur un coucou avec le bruit de l’appareil
   signifiant son envol. Enfin, il devient le parachutiste sans sa voile qui chute, au regard direct, les
   bras grands ouverts, en effet, de hors cadre et de temps en cercle.
   Un nouveau Petit Prince seul sur sa planète avant que des gratte-ciels poussent dans l’arrière-plan.
   Et se poursuit la naissance de la Terre, d’abord, le rien, le haut le bas, simple trait, puis de légers
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