Page 176 - Catalogue 2026
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INSTALLATIONS  Chapelle des Cordeliers

   L'artiste dit :
   « L’inclusion de la Faucille de castration et de l’Arc-en-ciel incolore confère à l’œuvre une double
   résonance, combinant des gestes de perte et de transcendance, de violence symbolique et de
   purification. L’œuvre poursuit ainsi l’exploration des mécanismes de l’aliénation symbolique,
   en la transformant en une forme reproductible, une construction conceptuelle ouverte à un
   réassemblage, une interprétation et une circulation constants. »

                                                                                                              Simone Dompeyre

   Halveig Villand, Les Ruines Circulaires, 2025 (FR)

                                                                            « Rien ne se construit sur la pierre ; tout se
                                                                            construit sur le sable, mais nous devons
                                                                            construire comme si le sable était de la
                                                                            pierre. » dans sa biographie.

                                                                                    Ce serait le sel ici.
                                                                            Le ramage d’oiseaux invisibles le plus
                                                                            souvent, en passage subreptice et de légers
                                                                            bruits continus et naturels ouvrent une
                                                                            dimension supplémentaire à ce paysage
                                                                            de ruines que de loin, on dirait de marbre,
                                                                            matériau des temples grecs.
                                                                            Trois colonnes isolées sur fond de ciel
                                                                            passant par les couleurs du temps quotidien
                                                                            et climatique, arborent la simplicité du
   dorique, même si le chapiteau est exclu du plan, pas de traces de feuilles d’acanthe ni de volutes
   en amorce. Un cube pour abaque qui ne se limite pas à un plan carré, est repris pour la base ; du
   fût droit se distinguent des tronçons – sept par colonnes, avec des marques d’usure.
   Cela évoque les trois colonnes de la rotonde de Delphes, ainsi marquées, en morceaux empilés,
   sur fond de ciel. Cependant, en s’approchant encore, des traits légers obliques, rapprochés
   s’avèrent d’incongrus jets d’eau. Et au sol parsemé de poudre blanche, des tronçons rainurés dont
   l’un taché de couleur rouille, comme chus d’autres colonnes, abîmées par le temps.
   Le brillant, la cristallisation dénote le sel.
   Et l’arroseur oscillant en aurait été le coupable destructeur ou le sculpteur des moulures.
   Le temps différemment s’immisce dans l’installation de fragments d’éternité ainsi touchés par
   l’éphémère. La durée des ruines en film projeté s’étire jusqu’à 1h50 durant laquelle s’interroger
   sur l’implication de l’architecture dans notre appréhension du passé et de notre projection du
   futur, en une histoire monumentale, traversée par l’homme, et ses projets. Cela REMEMBRANCE,
   le nom que Halveig Villand a choisi pour la série à laquelle participe cette installation, l’induit
   nettement en son signifié comme métaphoriquement puisque s’y jouent le désir de protection
   des monuments et la crainte de leur effondrement.
   Le temps s’implique encore mais différemment puisque si les colonnes sont alignées frontalement,
   le titre annonce (D)es Ruines circulaires. Ce qui, au-delà de cercles de pierre dressées comme
   Stonehenge, Carnac et autres lieux d’Histoire, renvoie à une histoire fictive, de la nouvelle
   éponyme de Borges, même si l’homme égaré, l’est dans une jungle où il découvre un temple en
   ruine. Il décide d’y dormir et d’y rêver un être humain afin de le faire exister. Il dort, se réveille, dort
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