Page 58 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Cinéma Le Cratère

   Sarah Legow, The Man Cave, 2025, 2’05 (PT)

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                                                      Qui croirait aboutir à une farandole de tampons périodiques
                                                      dont, de surcroît, certains usagés, dans l’annonce titrologique
                                                      à connotation archéologique, que l'incipit en flicker par des
                                                      plans spéléologiques de grottes riches en concrétions, en
                                                      magnifiques stalactites, auxquelles le noir et blanc apporte
                                                      son sérieux documentaire.
                                                      L’exploration est, pourtant, loin d’être archéologique
   puisqu’entraînée par une voix over féminine, elle revient en enfance et à ses jeux quoiqu’en
   contrepoint. Les paroles décrivent l’enfant seule dans la cour de récréation avant qu'elle ne
   retrouve Sarah, son amie, son alter ego. La voix iconogène troue un champ noir avec quelques
   lueurs pour parvenir à des groupes d’enfants, jouant, sur des structures simples, de bois, d’abord
   un tourniquet assez lourd pour porter un bon groupe d’enfants mais poussé manuellement, puis,
   des adolescentes en oblique ou la tête en bas sur fond de campagne…
   Le souvenir, ainsi, composé de photographies retrouvées dans le domaine public, est aussi
   rapide que son remplacement ouvert par une assertion là, inattendue, de leur masculinité ; l’une
   y conduisant l’autre puisque se reconnaissant comme « un adulte, voleur de sous-vêtements».
   Rien de dérangeant, la limpide assurance et le sourire devant ses sous-vêtements d’un autre
   âge, grandes culottes avec parfois de la dentelle les modernisant, soutien-gorge de satin blanc y
   compris conique, tel que Jean-Paul Gaultier le fit porter à Madonna ; ainsi l’un retenu par le film
   est détouré du corps de la Star qui l’arborait pour Blonde Ambition. Déambulation amusante en
   rapt d’image, tous azimuts pour ce souvenir d'enfance.
   Plus encore, en animation image par image, un objet longtemps resté tabou en nos images
   occidentales, qui l’ont longtemps refoulé et que la publicité n’a accepté qu’il y a peu et seulement
   immaculé contrairement à son usage : le tampon que la voix en anglais rend délicieux comme un
   bonbon.
   Ainsi les tampons s’assemblent, dansent, en courbes, en rondes, en figures chorégraphiques
   copiées aux girls du film, en en imitant les frises censées figurer des vagues, rouge et rouge
   paillette, dont s’entendent les paroles et l’air entraînant de la comédie musicale. « You've Got
   Something There » dont les premiers mots font un éloge à qui « a quelque chose, dans son regard
   d'un peu fragile et de léger, comme un espoir ». Film des années 1930, contemporain à certains,
   sous-vêtements dit dérobés et affichés dans la grotte où deux amies se disent hommes alors que
   dansent les tampons ! Film dont le titre Varsity Show / La Revue du Collège convient à l’adolescente
   fantasmant sur les rôles codés par le sexe.
   Quant aux dernières paroles, elles pourraient être celles échangées avec une mère souvent gênée
   d’expliquer à la fille, ce qu’est ce flux coulant entre ses jambes.
   - Y'a quelque chose qui hier encore n'existait pas !
   - Quoi ?
   - Y'a quelque chose qui hier encore n'existait pas !
   - Qu'est-ce que tu dis, Maman ?
   - Chuuut ... Ce sont des histoires de grandes personnes.
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