Page 62 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Cinéma Le Cratère

du temps voire de l’idéologie souterraine, elle, Héroïne au sens épique du terme, mais composée
de caractères les plus divers. Sûre d’elle ou totalement innocente/inconsciente, mystique ou
garçonne, fragile ou téméraire. Visage hiéroglyphe de la douleur sacrificielle de Falconetti, aux
cheveux rasés dans le champ, au regard écho des peintures hagiographiques depuis la Renaissance
du Dreyer de 1928 ou celle de Bresson, 1962, Florence Dellay non professionnelle, sans geste ni
expression marqués, s’il ne fallait en nommer qu’une ou deux outre Ingrid Bergman qui l’interpréta
trois fois au cinéma comme au théâtre.
Jeanne porte – à son insu – des idéaux nationaux, bellicistes – des armes affirmées comme
historiques sont exhibées lors des Premières de certains films – et religieux et désormais, pour
l’enlever à un parti ayant cherché à l’annexer pour en faire son étendard, le féminisme la revendique
comme une femme ayant refusé le rôle de mère et d‘épouse, une femme libre.
Les films, par ailleurs, puisent souvent aux Minutes du Procès reprenant le serment, la grâce, les
voix, la haine de Dieu pour les Anglais et son obligation d’endosser des vêtements masculins
contre la loi y compris divine mais la position des accusateurs varient selon la période où se tourne
cette version – étrange ressemblance des pénitents de De Mille vêtus comme le Klu Klux Klan.
Des échos aussi des recherches de l’avant-garde quand la grande roue cloutée des tortures du
Dreyer suit ombres et lumières, rythmes transformés.
Et une Jeanne des terres du Sud...

                                                                                                          Simone Dompeyre

   Marta Di Francesco, TIRESIAS, 2025, 3’40 (GB)

                                                      « Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait
                                                      voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de
                                                      tous les sens. » – Lettre à Paul Demenÿ, 15 mai 1871

                                                      « Si le code constitue la grammaire de mon travail visuel, la
                                                      poésie en est le fil conducteur. » – Marta di Francesco

                                                             Voir Tiresias de Marta di Francesco, c’est vivre le
                                                      trouble, adopter la position oblique de cet afflux poétique
                                                      qui ne refuse pas l’intermédialité mots/images ; et se risque
   à ce passage en IA. Passage en transformations qui, ainsi, conduites, induisent au-delà du plaisir
   esthétique à penser puisque ce qui est saisi, c’est une figure mythique, elle-même de « l’entre »,
   emblématique du voir et du non-voir.

   Ce n’est pas la première incursion en mythologie. Dans ses précédents opus gravitent Ariane,
   Janus parmi d’autres échappés de l’Olympe ou d’autres comme Ishtar, la mésopotanienne. Aucun
   d'eux n’accepte ce qui lui était destiné, la première refusant son rôle de guide pour Thésée
   affronte elle-même le Minotaure ; Janus est le dieu du temps à double visage, regardant vers le
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