RED
This is a film made from a frame. The frame is made from words. The words are made from life.
The frame came about at the very start of the pandemic when people allowed themselves not to work, when there was an actual pause in time and we were ‘allowed’ to observe our surroundings. I had an empty passe-partout from a discarded A1-sized frame that I’d kept hold of for some time. I started using it as a sort of diary, writing how I felt, what was going through my mind — short sentences, cries for help, screams of frustration — and this continued until it filled up two and half years later.
I like the idea of placing content onto the border of a frame: it’s in the area around a picture or print, where people don’t look, it’s the void, the liminal, it’s dislocated and so it relocates thoughts, feelings and knowledge to unexpected places, to places that aren’t made to hold content. That makes it a kind of rebellious act, one that feels unconsciously freeing. Thoughts and feelings can hang there and float in space, they are allowed to be free, uncategorised, without judgement.
As time went by, I wasn’t sure what it was (if it was meant to be anything other than a punching ball) and then one day when I was very angry and disillusioned — by the system we live in and at the obstacles we face as artists — it all made sense, it became something more: a witness of the life of one artist living today, an archive of thoughts, feelings and anger, an ode to the intensity of the pandemic, itself a microcosm of life, a witness to the passing of time, to our road to death, an eulogy to life.
Le film naît d’un cadre. Le cadre est fait de mots. Les mots sont issus de la vie.
Le cadre est apparu au tout début de la pandémie, lorsque l’on fut autorisé à ne pas travailler, lorsqu’il y eut une véritable pause dans le temps et que l’on été « autorisé » à observer son environnement. J’avais un passe-partout vide, ce carton biseauté à placer sur l’élément à encadrer, lui-même provenant d’un cadre mis au rebut mais que j’avais gardé un certain temps. J’ai commencé à l’utiliser comme une sorte de journal, en écrivant ce que je ressentais, ce qui me passait par la tête – de courtes phrases, des appels à l’aide, des cris de frustration – et cela a continué jusqu’à ce qu’il se remplît deux ans et demi plus tard.
J’aime l’idée de placer les éléments sur le bord du cadre : dans la zone autour d’une image ou d’un imprimé, là où l’on ne regarde pas. C’est le vide, le liminal, c’est disloqué, aussi cela déplace-t-il les pensées, les sentiments et les connaissances dans des lieux inattendus, dans des lieux qui ne sont pas faits pour contenir des éléments. Cela en fait une sorte d’acte rebelle, inconsciemment libéré. Les pensées et les sentiments y restent, flottant, ils sont autorisés à être libres, non catégorisés, sans jugement.
Au fil du temps, je n’étais pas sûre de ce que c’était (et si c’était censé être autre chose qu’un punching-ball) et puis un jour, alors que j’étais très en colère et désabusée – par le système dans lequel nous vivons et par les obstacles auxquels nous sommes confrontés en tant qu’artistes – tout a pris un sens, est devenu quelque chose de plus : un témoignage de la vie d’un artiste vivant aujourd’hui, une archive de pensées, de sentiments et de colère, une ode à l’intensité de la pandémie, elle-même un microcosme de la vie, un témoin du temps qui passe, de notre chemin vers la mort, un éloge funèbre de la vie.