Page 147 - Catalogue 2026
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Les Abattoirs PROJECTIONS
Il était une fois de François Labitrie
Il était une fois
Ici et maintenant
Un garçon sauvage
« Je suis là ! Me dit-il,
Je te vois ! Tu es vrai ! »
Comme Giuseppe avec Pinocchio,
Il me rendit visible à moi-même
Et doucement il me montra
Là où j'avais peur
Avec confiance il me prit la main
Il me porta au sommet d'une colline
Et là, sur le fronton de notre temple
Entre les ruines d'une ville oubliée
Nous découvrîmes non pas en grec, ni en sanscrit,
Mais dans la calme simplicité
D'un chêne millénaire
L'essence-même de notre nature :
Être
Signifie Être Amour
Et de son regard vert
- Des dieux d'argent qui tenaient des émeraudes dans leur main -
Je compris de ne plus devoir chercher la lumière
Qui de toute éternité était là et toujours y sera.
Il était temps d'aimer nos ombres,
Les regarder avec courage et foi,
Et dire dans les ténèbres : je vous vois. Je vous comprends et vous libère.
Derrière le temple il y avait une grande forêt verte
Qui resplendissait de sérénité hivernale.
On raconte qu'il y avait dans la neige deux paires d'empreintes :
Deux cerfs fous qui couraient vers l'immense voûte naturelle,
Qui vécurent heureux et amoureux
Pour toujours.
Il ne restait désormais
Que le bruit de la neige
Qui tombait sur la neige.
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