Page 143 - Catalogue 2026
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Les Abattoirs PROJECTIONS
Inconsolable
Une nuée de plumes tournoie dans le corridor
Cherchant une fenêtre
Une dernière chance pour s’envoler
Tandis qu’une flute en ose enfle pour lui rendre hommage
Elle, en velours gris
Avançant d’un pas lent, lent
Lent comme une valse glaciale
Tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière, hésitante
Et puis, le tapotement sur la vitre
S’arrachant de soi-même par cette tendre bouche à la pierre de silex
Souffle qui jaillit comme un jet de silence coloré
Le temps d’atteindre le chêne,
Il ne restait plus rien pour y être
Mourir c’est facile
Il faut un rien de temps pour disparaitre
Mais où aller, un soir comme celui-ci, nue, seule
Peut-être qu’il pleut déjà
Et l’allée est sombre
S’y engager sera sans fin
Derrière la lucarne encore éclairée
Toi, coite, sans écho
Assise à présent dans l’ombre
Indétectable par l’œil du fanal
Si éblouissant la nuit où tu t’éteins
Il devient ce mot, ce mot…
La raison vacille
Celui-là, entre vérité et mensonge
Le paradoxe
Je et moi unies dans la détresse
Disséminées partout, sans trace aucune
Mais quelle délivrance de ne pas naître
Dans l’étreinte du temps
Alors, allons-nous avancer à genoux, le reste du chemin ?
Une lueur d’espoir est là
Courir, serait laisser le voyage inachevé
Eros (fragment) qui ne dure… ne dure que…
Le temps d’arracher les plumes, une à une
« Il m’aime, elle une m’aime pas… » (Fragment)
Recueillies par une main des temps anciens
Éphémère comme l’air, un sanctuaire
Comparée au silex à la glaise des os
L’argile pétrifié des écritures cunéiformes
Couve la pulpe des mois à naître
Légendes récitées et symboles pour être déterrés comme anamnèse à l’aube d’une autre ère.
– Natasha Heidsieck Mal (traduit de l’anglais)
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